Blog

26 Sep
0

‘’Les mercredis du PDCI-RDA’’/Pr Koby Assa dévoile les stratégies d’Houphouet-Boigny et de Bédié, deux grands bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne

Les sages du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) ont remis le couvert des ‘’Mercredis du Pdci’’, ce mercredi 25 septembre 2019, au siège dudit parti à Cocody. Thème de cette 5e conférence publique était intitulé : ‘’Le Pdci-Rda, une tradition de bâtisseur’’. Le conférencier du jour, Pr Koby Assa Théophile, ex-Secrétaire National chargé des études et prospectives du PDCI RDA, Membre du Comité des Sages, a entretenu l’auditoire.

LE PDCI RDA, UNE TRADITION DE BATISSEUR
Je remercie infiniment le Comité des Sages et le Comité Exécutif de m’avoir fait l’immense honneur de me confier la responsabilité de développer le thème du cinquième acte du PDCI-RDA dans le cadre du dialogue intergénérationnel entre Anciens et jeunes militants du Parti.
Je l’ai accepté à la foi avec joie mais aussi d’appréhension au regard du succès des autres conférences. Je mesure toutes les difficultés d’un tel défi surtout avec la brièveté du temps qui m’a été imparti, en quatre jours, pour traiter le thème du « PDCIRDA, une tradition de bâtisseur.
Vous aurez à subir en conséquence les contraintes d’une expérience académique dont le principal avantage est de donner la possibilité d’observer l’évolution socio-économique et politique du pays sous ses différentes facettes à partir de multiples disciplines. Une des exigences de cet univers académique est la recherche de la vérité dans la neutralité. Cette contrainte s’impose donc à moi en tant qu’universitaire, mais en même temps un ancien membre actif du Bureau politique et aujourd’hui un membre du Comité des Sages. Il est difficile d’être à la fois neutre et partisan.
Nous nous attendons de plus en plus parler des performances des derniers venus. Aux différents carrefours de la confrontation des idées sur la pertinente question des efforts déployés par le PDCI-RDA pour re-émerger comme le Parti Bâtisseur d’un pays auquel il a donné une audience internationale avant les bouleversements intervenus en Côte d’Ivoire avec l’irruption des militaires sur la scène politique. Son effet le moins contestable est qu’il a plongé notre pays dans un cycle infernal de crises de légitimité et d’incertitudes très critiques face à l’avenir. Des militants mal informés seraient fondés à douter d’un discours sur les aptitudes organisationnelles de notre Parti à pouvoir prétendre être un bâtisseur.
La présente conférence n’a pas pour but d’ouvrir un débat sur les performances comparées de nos formations politiques. Notre intervention portera sur le tronçon de notre histoire qui s’étend de 1960 à 1999 pour permettre à nos militants de comprendre les processus par lesquels nous avons fait émerger la Côte d’Ivoire au rang d’un des pays africains les plus crédibles.
Je me suis mis dans la peau d’un jeune militant du PDCI RDA qui me poserait la question suivante : Tonton, pourquoi est-ce qu’on dit que le PDCI a une tradition de bâtisseur ? En guise de réponse, je lui ai répondrais : c’est vrai, mon fils, ce Parti que l’on dit Vieillot traîne effectivement une tradition de bâtisseur dans un jeune pays : la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire et le PDCI sont tous deux liées par leurs destins de par leurs fortes personnalités respectives et leur responsabilité dans la construction de l’avenir des jeunes générations.
Passer en revue l’ensemble des thématiques qui permettraient de montrer le PDCI RDA en action de 1960 à 1999 dans l’élaboration de notre Nation serait une entreprise fastidieuse dans le temps imparti à cette cinquième conférence du Comité des Sages. La focalisation sur le seul thème de l’agriculture initialement prévu aurait occupé tout l’espace-temps de cette conférence. « Le succès de ce pays repose sur l’agriculture ». Tel était le générique qui ouvrait les émissions de la RTI du temps du Président Houphouët-Boigny. Son ministre de l’agriculture renchérit en écrivant dans l’introduction de sa thèse de doctorat d’Etat en géographie en 1977 : « La Cote d’Ivoire, c’est l’agriculture, parler de l’agriculture, c’est parler de la Côte d’Ivoire tout court ». De fait, l’agriculture est un thème fédérateur par la multiplicité des substances qui concourent à moderniser cette activité en milieu non traditionnel : par exemple les potentialités naturelles, les ressources humaines, scientifiques, technologiques et financières, le transport et les infrastructures de circulation, les politiques publiques etc…Ce sont des éléments constitutifs pour élaborer une stratégie globale de développement d’une jeune nation comme la nôtre qui ambitionnait de décoller au sortir de la colonisation. Ce thème retenu initialement par le Comité des Sages tient sa pertinence des raisons complémentaires suivantes :
L’agriculture est un thème scientifiquement adéquat pour argumenter sur l’aptitude du PDCI RDA à bâtir en transcendant les émotions. Elle est une activité créatrice de richesses qui a impliqué le plus grand nombre des citoyens composant notre société qui place les acteurs centraux au carrefour des sciences de la nature et de l’homme. L’agriculture continue de demeurer le pilier de l’économie nationale après six décennies d’indépendance. L’agriculture est le secteur d’activité économique qui a le plus contribué à la structuration de l’espace national depuis l’aube de notre indépendance. L’activité agricole continue de demeurer un puissant levier d’intégration nationale et régionale par ses incidences sur les brassages physiques et culturels de migrants internes et internationaux dans un melting-pot unique en Afrique Occidentale. Notre agriculture a été révélatrice de l’aptitude des chercheurs Ivoiriens à la découverte scientifique et à l’innovation technologique, et un motif de fierté nationale avec les performances du CNRA et de nos agronomes.
Un tel thème ne pouvait être développé que par un acteur majeur de la construction de notre pays : l’ex ministre de l’Agriculture, Abdoulaye SAWADOGO, un des 149 Compagnons de l’Aventure de 1946, la première génération de cadres Ivoiriens formés en France à l’initiative du Président Houphouët-Boigny pour prendre la relève des colonisateurs. Cet illustrissime membre du Comité des Sages du PDCI RDA a été malheureusement empêché par des contraintes de dernières minutes mais ce n’est que parte remise. Cependant, il n’y a pas que l’agriculture pour parler de la tradition de bâtir du PDCI RDA.
UNE TRADITION s’entend une coutume pratiquée sur une longue période. On trouve des traditions à différents niveaux communautaires, qu’il s’agisse de clans, de tribus, d’ethnies, de groupes culturel plus ou moins étendus à l’échelle de tous les continents et de toutes les civilisations. Instituer des traditions est inhérent à l’homme.
Dans les traditions religieuses, « il s’agit d’un ensemble de vérités de foi qui ne sont pas dans la révélation écrite, mais qui sont fondées sur l’enseignement constant et les institutions d’une religion » selon le Petit Robert.
Au total une tradition renvoie à une manière d’agir ou de penser transmise et perpétuée de génération en génération, surtout dans le domaine culturel. En tout état de cause, les militants du PDCI seraient fondés à se demander s’il existe une tradition dans notre Parti, et comment elle est transmise aux militants, lui qui a l’avantage d’accumuler une profondeur historique de trois générations, et s’il a également le souci de valoriser cette tradition pour perpétuation dans l’espace et le temps.
BÂTIR
Est bâtisseur celui qui bâtit, qui édifie, qui fonde quelque chose. La consonance est surtout matérielle dans le domaine politique. Les grands Partis politiques et leurs dirigeants marquent l’espace et le temps à travers leurs réalisations et s’immortalisent ainsi. Même si ces certaines de leurs réalisations sont des œuvres collectives impliquant des créateurs associés à la conception.
Dans le domaine politique cependant, on ne peut se contenter des réalisations matérielles pour évaluer l’aptitude à Bâtir d’une organisation en faisant abstraction de critères composites qui sous-tendent les dimensions matérielles. D’où la primauté des idéologies et des valeurs associées aux réalisations dans l’élaboration d’une Nation. Celles-ci sont au cœur des processus de mobilisation d’acteurs de toutes catégories. Sans les valeurs, il est difficile, voire impossible de cristalliser une vision et/ou des projets en réalisations concrètes ou même de susciter des changements significatifs par la créativité novatrice.
Pour approcher les problèmes de construction de l’avenir des organisations, les prospectivistes assimilent le processus du développement au planting et à l’entretien d’un arbre pour en récolter les fruits. Les racines de l’arbre sont constituées par les idéologies, les valeurs et les compétences développées par une organisation. Le tronc de l’arbre représente l’organisation pour concevoir et réaliser des projets. Le sommet de l’arbre correspond aux branches et aux feuilles et porte les fruits. Un bon arbre se reconnaît à la qualité de ses fruits. C’est sous cet angle qu’est approché la plus importante partie de ce développement qui est consacrée à la démarche par laquelle notre pays a été bâti par le PDCI RDA. L’arbre planté par le PDCI RDA a produit de bons fruits. C’est pourquoi il continue s’attirer pour se mettre sous son ombre, même en période de crise.
L’IDENTITE DU PDCI-RDA ET DE LA CÔTE D’IVOIRE
Le PDCI RDA est un Parti politique né le 19 avril 1946 ; il a une exceptionnelle longévité (73 ans) pour un Parti politique africain, le deuxième après l’ANC en Afrique du Sud; il figure parmi les quatre partis politiques au monde dans cette catégorie d’âge ; sa lutte pour l’indépendance a été axée sur la défense du monde paysan pour une meilleure rémunération de son travail, en s’appuyant sur le Syndicat Agricole Africain ; il a gouverné la Côte d’Ivoire de 1960 à 1999 et mis en place les fondamentaux d’un pays pour le développement qui ont donné son audience internationale à la Côte d’Ivoire ; le PDCI demeure la seule section territoriale du RDA encore politiquement active et ayant un poids significatif pour pouvoir reconquérir le pouvoir perdu par l’irruption des militaires sur la scène politique nationale en 1999 ; il est le seul Parti politique ivoirien à avoir gouverné dont l’existence n’a jamais été fondée sur le flirt avec l‘armée.
La politique du PDCI-RDA a fait de la Côte d’Ivoire le premier pôle d’attraction démographique de l’Afrique Occidentale dans un melting-pot intégrant au minimum 26% d’étrangers (recensement de 1998). Notre pays est de par les stratégies passées et la volonté du PDCI RDA la locomotive de l’UEMOA et un pays clé de la CEDEAO. Les structures socio-économiques de notre pays à l’aube du troisième millénaire sont encore très proches du modèle imprimé par la gouvernance du PDCI-RDA depuis son indépendance.
L’importance du PDCI RDA et du PDCI ont été liées pendant quatre décennies dans l’élaboration de notre Nation au point que cela a développé certaines traditions qui tendent à se perpétuer comme nous le verrons dans la suite de notre développement.
LE PDCI-RDA ET LES RACINES DE LA CÔTE D’IVOIRE
Nous étions au début de l’indépendance dans un contexte de parti unique bien que la loi fondamentale ait retenu le multipartisme. Les idéologies, valeurs et compétences relèvent du projet de société du PDCI-RDA. Celles-ci ont déjà été développées dans la conférence du Vice-président Bombet. Ce sont la culture de l’attachement à la Paix comme préalable à tout développement ; le Dialogue pour régler nos différends entre nous et d’éventuels adversaires ; la Non-violence comme arme de combat politique, la Discipline la Solidarité et la fidélité.
Nos adversaires attribuent le respect scrupuleux de ces valeurs par nos militants à une couardise. L’histoire de nos rapports avec le régime colonial à Abidjan, Dimbokro, Séguéla etc., la marche des femmes sur la prison de Grand Bassam prouvent qu’il n’en est rien.
La tradition de la culture de la Paix continue de coller à la peau des militants du PDCI-RDA et est largement partagée par les Ivoiriens, même en ces temps de turbulence où il y a eu de vaines tentatives de liquidation juridique de notre Parti par d’anciens alliés. Le fragile équilibre actuel de paix repose en Côte d’Ivoire sur l’attitude houphouésienne (E-C Bombet) des militants du PDCI et une large majorité d’Ivoiriens de bonne volonté. C’est une tradition à préserver pour les futures générations.
LE PDCI-RDA ET LES COMPETENCES DE LA NATION
Au moment où la Côte d’Ivoire accédait à l’indépendance, on pouvait compter au bout des doigts le nombre de cadres de niveau universitaire. Il a donc fallu compter au départ avec les premiers cadres issus de William Ponty au Sénégal en attendant le retour de la première vague de 149 jeunes Ivoiriens envoyés en France en 1946 à l’initiative du député Houphouët-Boigny. C’est donc une équipe soudée composée par les premiers animateurs de la vie politique nationale issue du Syndicat Agricole Africain qui a constitué les ressources humaines de base pour asseoir la tradition de bâtisseur du PDCI-RDA.
Bien que n’étant pas de niveau universitaire pour la très grande majorité d’entre eux, on peut noter leur très grand mérite en relevant la rigueur avec laquelle ils ont géré la première phase de la mise en place des fondamentaux du développement du pays.
Le développement du capital humain a été la première priorité des priorités du parmi les options stratégique du PDCI-RDA, avant même l’agriculture, puisque 40% du budget national ont été consacrés au début à la formation des hommes pour la mise en place d’institutions solides devant soutenir la politique nationale de développement. C’est entre 1970 et 1980 qu’ont commencé à arriver les premiers contingents importants d’universitaires, une période qui coïncide avec l’accélération des programmes de développement par la mise en œuvre des plans quinquennaux issus de l’étude prospective Côte d’Ivoire 2000 en 1973-1974. A telle enseigne qu’un ministère de l’ivoirisation des cadres a été créé pour canaliser l’utilisation des cadres nationaux dans la relève de l’assistance technique française notamment.
L’HERITAGE COLONIAL
Au début de l’ère coloniale, le Gouverneur Reste écrivait ceci à propos du niveau du développement de la Côte d’Ivoire : “ Une nature indomptée. Pas de routes, pas de moyens de communication, des sentiers se développant à l’infini dans les plaines, au milieu des hautes herbes. Des pistes se perdant dans la forêt, à travers les dédales de grands arbres, des lianes et des palmiers […] Pas de ponts, des lianes tressées enchevêtrées permettant seules, à défaut d’embarcations, le passage des cours d’eau tumultueux (exemple du pays Yacouba en Côte d’Ivoire). Pas de cités, au sens que nous donnons à ce mot, des villages perdus à l’orée de la forêt […] Pas d’industries. Pas d’écoles. Pas d’hôpitaux”.
L’observation de l’évolution de notre pays au seuil du troisième millénaire révèle des milieux physiques et humains profondément remaniés et en mutation accélérée. Si le Gouverneur Reste pouvait ressusciter, il réviserait sans doute certaines pages des afro-pessimistes après avoir parcouru nos régions, tant est profond le fossé qui sépare le passé du présent depuis les interventions planifiées de la puissance publique quelques décennies seulement après l’indépendance, sous l’égide du PDCI RDA.
Depuis l’irruption du phénomène colonial en Côte d’Ivoire, les politiques publiques en peuvent être définies comme des actions conduites par l’Etat pour organiser la vie de la Nation. Elles ont été des vecteurs puissants d’innovation et de transformation des structures géographiques. Un regard rétrospectif lucide de ces politiques permet en effet de repérer des changements structurels de l’espace, résultats des stratégies passées avec leurs promesses et /ou désillusions.
Les politiques publiques sont ainsi des instruments pédagogiques commodes non seulement pour initier le public ivoirien aux premiers ingrédients de la prospective des territoires, mais aussi apprécier l’efficacité des acteurs gouvernementaux dans l’actualisation de leurs projets de sociétés.
La finalité du pouvoir métropolitain était l’enrichissement du trésor français. Les e
Le développement de l’agriculture a été une nouvelle donne majeure et fondamentale à inscrire parmi les mutations structurelles de l’économie et de la société. Pour la colonisation française, le gouverneur Angoulvant affirme sans ambiguïté qu’il s’agit de « contribuer à la prospérité de la France en offrant des débouchés à son commerce et en lui fournissant en retour des denrées coloniales» .Après l’installation de comptoirs pour garantir des débouchés à ses propres produits, l’impulsion du gouverneur Angoulvant a priorisé l’agriculture grâce à l’introduction par la contrainte du cacao alors que les populations s’y opposaient en ébouillantant les fèves destinées aux plantations. « Il a fallu l’exemple de quelques audacieux parmi l’élite de l’époque et des trésors de ruse pour arriver à conduire les premiers vergers jusqu’à l’entrée en production »
Avec le café et le cacao, le réseau routier et le port d’Abidjan sont les deux autres héritages laissés par le colonisateur français en 67ans. Nous verrons plus loin ce qu’ils sont devenus sous la gouvernance du PDCI RDA.
L’ENTREE EN JEU DES POLITIQUES PUBLIQUES DE SOUVERAINETE ET LE DEVELOPPEMENT TERRITORIAL SOUS LA GOUVERNANCE PDCI-RDA
Comment tout a commencé
La prospective sans l’histoire, surtout sans rétrospectives, n’est pas crédible. L’itinéraire du développement de notre pays été tracé en se fondant au départ sur la réflexion sur le long terme. Il faut y voir une influence de la démarche à la française, au lendemain de la seconde guerre mondiale, où la métropole était en pleine reconstruction, en s’appuyant sur « la planification, une ardente obligation » (Général De Gaulle). Ministre dans plusieurs gouvernements français jusqu’au rang de ministre d’Etat, Houphouët ne pouvait pas ne pas avoir été influencé par cette philosophie technocratique de l’action gouvernementale et un savoir-faire dans l’organisation et la gestion de l’Etat qu’il a tenté de reproduire dans son pays devenu indépendant.

Trois études prospectives ont été conduites sous le régime du premier président ivoirien : Côte d’Ivoire 2000 en 1973-1974 ; Côte d’Ivoire 2010 en 1983-1984, et Côte d’Ivoire 2025 en 1993-1995, soit une réflexion prospective tous les dix ans. Cette tradition a été soutenue et renforcée par ses successeurs dans une stabilité dynamique qui honore tous nos Présidents malgré leurs différences idéologiques. Côte d’Ivoire 2025 lancée par Houphouët a été poursuivie et validée en 1995 sous le régime Bédié après la disparition du Père de la Nation. L’étude Côte d’Ivoire 2040 initiée sous le régime du Président Gbagbo, a été elle aussi poursuivie achevée et validée en conseil des ministres par le régime du Président Ouattara le 30 septembre 2015. La pérennisation de cet héritage laissé par le PDCI comme au niveau des recensements démographiques dépendra de la volonté politique des futurs gouvernants et des relais de la recherche universitaire.

Un autre trait caractéristique des études prospectives ivoiriennes est le souci qui a animé tous nos présidents : articuler prospective et stratégie. « (…) Troisième et dernier sujet : l’Assemblée et le Conseil économique et social seront appelés à délibérer sur le développement économique, culturel et social en se prononçant d’abord sur un projet de plan intérimaire concernant 1962 et 1963 ; ensuite sur une loi d’orientation définissant la politique à suivre et les objectifs à atteindre, énumérant de surcroît les études à effectuer qui permettront d’établir les programmes d’investissement des dix prochaines années. L’objet en sera de construire une puissance économique du pays sur des bases rationnelles, avec le support des connaissances scientifiques et techniques et à partir de l’homme ivoirien, de ses besoins, de ses possibilités, de son idéal et de son enthousiasme. Une fois cette puissance construite, nous pouvons bâtir l’édifice social qui mettra à la portée de tous les moyens. (Félix Houphouët-Boigny, discours à l’Assemblée Nationale,15 janvier 1962).

« L’homme balloté entre la crainte du pire et l’espoir du meilleur ne connaît pas son avenir. Aussi, ne serait-ce que pour exorciser de telles inquiétudes, l’intérêt d’une étude nationale prospective se justifie pleinement au plan philosophique. Cette étude n’en recouvre pas moins un réel besoin d’adaptation pour affronter la complexité annoncée du 21e siècle. La Côte d’Ivoire ne peut échapper aux lois de la globalisation de l’économie et de l’intensification des échanges qui, durant ces dernières années, ont remodelé l’espace géopolitique en termes de déréglementation, de concurrence, de compétitivité de pôles économiques et aussi de mutations technologiques. Dans un tel environnement, tous ceux qui participent à la vie économique et politique doivent pouvoir disposer de points de repères fiables, d’un cadre de références, pour prendre des décisions à temps et mener des actions en confiance. D’autant que les projets des économies nationales doivent se montrer de plus en plus ambitieux et performants ». (Henri Konan Bédié, préface de l’étude prospective Côte d’Ivoire 2025).

Plus près de nous, le Président Ouattara renchérit : « Je me réjouis également de ce que toutes les études prospectives ivoiriennes aient débouché sur le vote, par le Parlement, de lois-plans et de lois-programmes budgétisés puis régionalisés pour faciliter leur mis en œuvre. Ainsi, le schéma d’aménagement harmonieux du territoire national jusqu’à l’horizon 2000 figurait dans le plan quinquennal 1976-1980, comme une boussole des réflexions prospectives et stratégiques de long terme. De même, la troisième étude Côte d’Ivoire 2025, a inspiré la conception des projets de l’Eléphant d’Afrique entre 1995 et 1999. Pour ma part, tirant les leçons des expériences passées et tenant de la nécessité d’accélérer le rythme du développement économique et social, pour le bien-être des populations et au profit des générations futures, mon gouvernement a renoué avec la planification opérationnelle dès la fin de la crise postélectorale. Ainsi, le Plan National de Développement (PND) 2012-2015 a permis de stabiliser puis de relancer l’économie après plus d’une décennie de crise. Intégrant les conclusions de l’étude Côte d’Ivoire 2040, le PND 2016-2020 s’inscrit dans la perspective de l’émergence en 2020… ».(Alassane Ouattara, préface de l’étude prospective Côte d’Ivoire 2040). Par la volonté commune de tous ses présidents, la Côte d’Ivoire est ainsi devenue une terre africaine de prospective à l’initiative du PDCI-RDA.

Un schéma de cohérence territorial pour l’horizon 2000
La structuration du territoire a été résolument volontariste en visant pour l’horizon 2000 l’émergence de pôles urbains, l’agriculture demeurant le fer de lance du développement. Le désenclavement des régions grâce à des infrastructures routières et ferroviaires pour renforcer la solidarité entre les régions autour de ces vecteurs d’innovation post colonial ont été des préoccupations constantes des planificateurs. De grandes opérations de développement à l’échelle de tout le territoire vont engendrer des ruptures dans les continuités traditionnelles du peuplement et l’amorce d’une densification économique de l’espace selon un gradient sud-nord à l’avantage du sud.
Les difficultés rencontrées pour inverser cette tendance lourde sont, après bientôt six décennies d’efforts, au cœur des enjeux actuels du rééquilibrage du développement régional. Qu’en est-il de l’émergence des pôles urbains ?
Les pôles urbains programmés ont effectivement émergé

Au regard du bilan actuel de l’urbanisation en Côte d’ivoire, on relève que les pôles urbains projetés par l’étude prospective Côte d’Ivoire 2000 réalisée en 1973-1974 et mis en œuvre dès le plan quinquennal 1976-1980 ont effectivement émergé. Sur le front maritime, Abidjan et San-Pedro étaient des pôles majeurs à vocation maritime qui devaient commandent de vastes arrières- pays. Bouaké au centre, Man à l’Ouest ; Korhogo-Ferké au Nord ont été projetés comme des pôles d’équilibre principaux qui ont également émergé et qui se maintiennent dans la dynamique impulsée au départ. Mais des villes non programmées comme pôles d’équilibre principaux : Daloa, Yamoussoukro, Gagnoa et Divo ont évolué, surtout Daloa, au rythme des pôles projetés au regard du tableau de la hiérarchie des villes ci-après en 2014. Elles se localisent dans les zones à plus fortes concentration démographique du pays en zone forestière après la métropole abidjanaise. Cette évolution est due à l’émergence de la seconde boucle du café-cacao entre 1950 et 1970. Quant à Yamoussoukro, ce sont les effets des investissements massifs pour aménager la nouvelle capitale nationale qui justifient son dynamism
La France a posé les bases du désenclavement du territoire en reliant par des routes en terre tous les postes coloniaux. C’était déjà en 1960 une avancée notable si l’on considère le vide total en routes 67 ans auparavant, à la naissance de la colonie. Les conditions étaient réunies pour passer de la marche à pied et/ou du portage des colons au transport par automobile des hommes et des biens. Mais les déplacements étaient lents. A la veille de l’indépendance, se rendre dans les extrêmes nord et nord-ouest, à l’ouest et au sud-ouest à partir d’Abidjan relevait encore d’une épopée qui pouvait prendre plusieurs jours par voie routière. Aujourd’hui, « Par autocars, les principales villes du nord sont à moins de 10 heures d’Abidjan. Même s’ils mettent plus de temps, les camionneurs ne sont pas moins rassurés d’arriver régulièrement à bon port, quels que soient la saison et le type de temps ».
Les voies bitumées, (600 Km environ en 1960) gravitaient dans un rayon de 200 Km vers l’est dans la première boucle du cacao jusqu’à Abengourou ; vers les anciennes capitales (Grand Bassam et Bingerville) ; vers Dabou-Ndouci-Tiassalé et ne dépassaient pas la latitude de Toumodi. Les cartes de l’évolution du réseau routier de 1960 à la veille de l’an 2000 situent qualitativement l’effort déployé par la nation souveraine pendant quatre décennies parmi lesquelles 30 sous le régime politique autoritaire du parti unique, et du capitalisme d’Etat planifié avec souplesse comme modèle économique. Le bitume est sorti de la zone forestière (nord de Bouaké) et du huitième parallèle entre 1970 et 1975), soit 15 ans après l’indépendance et 82 ans après le début de l’ère coloniale. Cette dynamique s’est poursuivie vers le nord en direction de Korhogo et Odienné au terme de l’âge d’or de la planification en 1980. Bouna au nord-est a cessé d’être un « Finistère » en 1997 avec le bitumage de l’axe Bondou- Bouna.
LES MOYENS MIS EN ŒUVRE POUR ARTICULER PROSPECTIVE ET STRATEGIE
Les comptes de la nation pour la période 1971-1980 ont estimé l’investissement global effectué dans les régions à 2 223, 2 milliards sur la base des dix lois-programmes. Les pôles de Yamoussoukro, Sans Pedro et Abidjan-Bingerville-Bassam se démarquent comme les espaces priorisés dans les investissements publics. Au regard de leur poids relatif sur le démographique, le Nord et le Centre ont été les deux autres régions privilégiées, contrairement aux idées reçues, surtout pour le Nord. Seul le Nord-Est peut véritablement être qualifiée de marginale au regard des investissements réalisés. « C’est grâce à l’organisation des fêtes tournantes dans les chefs-lieux de régions que Bondoukou a pu bénéficier de 3,5 milliards de (F/1981) pour la construction d’un abattoir, un hôtel, améliorer les performances des réseaux téléphonique, électrique, et la distribution d’eau, équiper la ville d’un marché, d’un stade, aménager la voirie et des résidences officielles (présidence, préfecture)…»
Ventilation des investissements de l’Etat 1971-1980 au profit des régions
___________________________________________________________________________
Régions Montant
Publiques (Milliards F/CFA) Equivalant tête habitant Poids de la population en année médiane % des ressources affectées
Nord 214 342 770 9,3 8,6
Ouest 122,4 169 975 10,9 4,9
Centre-Ouest 143,3 183 130 11,7 5,8
Centre (non compris
Yamoussoukro) 593,8 375 995 23,5 23,8
Yamousoukro 211,5 2 106 725 1,5 8,5
Est 13,1 35 145 5,6 0,5
Sud-Ouest 266 1 364 355 2,9 10,7
Sud (non compris Abidjan) 251,9 207 945 18,1 10,1
Abidjan (y compris Bassam,Anyama,Bingerville) 673,2
605 625 16,5 27,1
TOTAL 2 223,3 100% 100%
___________________________________________

Source: Ministère de l’Econome et des Finances, Les comptes de la Nation
On pourrait aller beaucoup plus en profondeur dans la ventilation des ressources financières par année et par secteur d’intervention pour apporter un éclairage sur les disparités régionales. Mais nous préférons nous appesantir sur un autre aspect géographique portant sur le système spatial engendré par les politiques du nouvel Etat indépendant. Ses empreintes ont été gravées sur le terrain depuis bientôt six décennies.
Il n’y a pas eu que l’agriculture et l’équipement du territoire
La formation du capital humain dans un pays dont le nombre d’universitaire à la veille de l’indépendance pouvait se compter au bout des doigts a permis de remplacer les coopérants français dans l’enseignement secondaire et supérieur. Elle est la première richesse de la nation créée par le parti libérateur et ses bâtisseurs. Les grandes écoles de Yamoussoukro, les lycées d’excellence de Yamoussoukro (dans un piteux état aujourd’hui) et d’Abidjan, les instituts de recherche etc. témoignent de la volonté stratégique accordée à la priorisation de la formation du capital humain avec 40% du budget national consacré au début de l’éducation. Passons outre le secteur énergétique avec les barrages d’Ayamé 1 et 2, de Kossou et Taabo, de Bouyo et les productions d’Azito et des centrales thermiques de la CIPREL logées au port d’Abidjan, sans oublier le vaste réseau de distribution d’énergie électrique, domaine d’Etat géré par la vague d’ingénieurs ivoiriens formés par KONAN Lambert de l’EECI. Le PDCI a ouvert la plus grande raffinerie de pétrole de la sous-région et a rendu la Côte d’Ivoire exportatrice d’énergie électrique dans les Etas circonvoisins. Et dire enfin que nous avions une importante flotte maritime destinée à transporter au moins 40% du volume des marchandises sortant de nos ports, et que nos partenaires extérieurs nous ont recommandé de vendre ces bateaux au motif que l’Etat n’avait pas à s’ingérer dans la création de richesses par des entreprises d’Etat ! Nous avons raté ainsi notre ambition nationale de devenir une puissance maritime régionale sous la direction de l’amiral LAMINE FADIGA. Et dire encore que nous étions autosuffisants en riz en 1977, grâce à la SODERIZ sous la direction de feu OULAÏ KEMIANGNAN, une « Mauvaise chose » que les bailleurs extérieurs de fonds nous ont déconseillée au profit de l’importation de riz ! Voilà comment certains futurs neufs projetés par le pouvoir PDCI n’ont pu s’actualiser.

Passons outre également les autres interventions planifiées qui ont permis de poser les fondamentaux de la modernisation du pays par la benjamine des pays francophones de l’Afrique Occidentale devenue le pôle d’attraction économique et démographique majeur de l’Afrique Occidentale francophone, et qui continue de le demeurer, malgré certains regrettables gâchis de le Refondations et autres rebelles qui ont ouvert l’épisode d’un « changement démocratique » fondé sur la force des armes avec son corollaire de crises de légitimité depuis l’éviction du PDCI du pouvoir. Dans le challenge ivoirien pour le progrès, la période 1960-1980 a été capitale pour la mise en place des fondamentaux du développement et de la modernisation de la Nation avec un taux moyen de croissance économique de 7% l’an supérieur au taux de croissance démographique. Les partis politiques ivoiriens désireux de prendre la relève du PDCI RDA ont la lourde responsabilité de maintenir le pays au minimum au niveau où la barre leur a été laissée.

Démystification

Cessons donc d’agiter l’épouvantail du déclin de la Côte d’Ivoire si une autre formation politique accède au pouvoir aujourd’hui. Au regard du bilan des stratégies antérieures conduites par le PDCI RDA, il y a eu le cycle du « miracle ivoirien » pendant les « vingt glorieuses » de 1960 à 1980. Le pays a connu d’autres avancées avec Bédié au pouvoir entre 1994 et 1999 en prélude au déploiement du programme de l’Eléphant d’Afrique jusqu’à l’horizon 2025. Une rétrospective de indicateurs macro-économiques de cet épisode le confirme avant l’irruption des militaires sur la scène politique nationale, pour ceux qui auraient la curiosité de faires quelques recherches sur la question. Il est absolument faux de penser que la Côte d’Ivoire s’effondrerait sous l’égide d’un autre parti ou d’une autre coalition de partis. Acceptons donc l’hypothèse que tout parti candidat à la gouvernance de ce pays le développera sur les pierres angulaires et les piliers de l’héritage légué par le PDCI RDA. Mais à la seule condition que ceux qui ne sont pas au pouvoir ne concoctent pas de stratégies pour rendre le pays ingouvernable, que l’on ne fasse pas l’apologie des coups d’Etat, et que ceux qui sont au pouvoir n’usent pas à leur tour de méthodes anti-alternance démocratique pour s’y’éterniser. Nous sommes malheureusement, dans notre Côte d’Ivoire actuelle aux avenirs peuplés d’incertitudes, au cœur de ces cas de figure regrettables, et de la problématique du malaise négro-africain face aux enjeux électoraux avec des tripatouillages pour rédiger des constitutions opportunes au service d’intérêts claniques. Les Ivoiriens, fatigués, sont en quête du messie qui les délivrera du syndrome de ces tripatouillages et des crises de légitimité à répétitions depuis 20 ans pour notre pays. Ce n’est pas un bon signe et surtout pas un indicateur d’émergence. Que sert à un citoyen de voir battre des records de taux de croissance et de construction d’infrastructures hyper modernes si la gouvernance de son espace politique ne lui permet pas de vivre dans l’espérance d’une quiétude au lendemain de chaque élection, cependant que le taux de pauvreté augmente ?

Message aux jeunes

Il est important de souligner que le PDCI-RDA, à l’aube de l’indépendance, avait un souci réel d’autonomie de pensée interne -souci aujourd’hui amoindri- en matière de politique publique de développement territorial, et également une volonté de puissance ivoirienne régionale, doublés par un esprit de compétition fléchant l’ambition d’émerger parmi les nations nègres dans certains domaines d’intervention publique tels l’agriculture, l’éducation, les infrastructures de transport, de circulation et de communication. Le fait d’avoir eu la première télévision nationale en 1963 fit grand bruit à l’époque contre nous. Certains qui sont venus après nous, nous devancent hélas aujourd’hui ! sur le plan de la liberté d’expression à la télévision. 0

Au total, Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil ivoirien en matière de stratégie d’équipement et de développement territorial. Les Ivoiriens et la communauté internationale dont l’ancienne métropole n’ont rien à redouter du retour du PDCI, Parti Bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne qui aspire à revenir au pouvoir en 2020. « Que le pays ait été solidement pensé dans la première phase de sa construction, Il n’y a pas de doute et cela grâce à l’important effort de planification mené par des équipes chevronnées animées par la volonté de réaliser des performances sociales hardies. Malgré le pragmatisme affiché, le refus de s’engager dans des débats idéologiques, les bâtisseurs de notre système économique n’ont pas moins fait preuve de cohérence de rigueur et de cohérence dans la mise en place de ce que l’on a pu qualifier de capitalisme d’Etat ont été la locomotive. […] Le relèvement général du niveau de vie [notre taux de pauvreté était de 10% en 1985 contre 46% aujourd’hui !] découle de tous les efforts de conception dans la réalisation des programmes économiques tant dans les campagnes que dans les villes ». (Hauhouot Asseypo Antoine dans Développement, Aménagement, Régionalisation en Côte d’Ivoire, EDUCI, 2002, p. 351).

Militer au PDCI RDA est un choix politique des plus raisonnables. Comparativement à ceux qui ont deux cordons ombilicaux en plus d’un cœur d’un côté et la raison de l’autre. La longévité de cet étrange pari politique nous sera révélée par l’histoire du futur. S’informer objectivement et se former est encore mieux et renforce le militantisme et la culture démocratique dans notre Parti politique. Abdoulaye SAWADOGO, agronome ivoirien, ministre de l’agriculture d’Houphouët-Boigny de 1966 à 1977, converti en docteur d’Etat et professeur de géographie et sciences humaines au terme de sa carrière ministérielle, fut un acteur clé dans la première génération des Bâtisseurs du système économique et socio-spatial ivoirien. Tout l’espace géographique national porte encore au sol des empreintes de son ministère en complicité avec le Bélier de Yamoussoukro, inspirateur de la philosophie de l’action du PDCI RDA.

Se targuer d’avoir fait mieux en huit ans que les premiers et authentiques héritiers du PDCI RDA est une information qui heurte la conscience de ceux qui connaissent et ont vécu l’histoire économique politique et sociale vraie de la Côte indépendante. Le Comité des Sages et le Secrétariat Exécutif remercient les militants et militantes venus s’abreuver, en ce cinquième acte des « Mercredi du PDCI RDA », à la source rafraichissante de ses sachants, dans un dialogue intergénérationnel sur l’avenir commun des Ivoiriens, avec la seule section territoriale du RDA encore pleine de vie et en action face au dérisoire combat pour le déstabiliser.

Pr Koby Assa, ex Secrétaire National chargé des études et prospectives du PDCI RDA
Membre du Comité des Sages

Lire la suite
25 Sep
0

De retour de Paris, le président Henri Konan Bédié veut ‘’l’empêchement de la modification de la constitution’’

Déclaration de Son Excellence, Henri Konan Bédié, Président du PDCI-RDA, à son retour de Paris.
Chers compagnons
C’est avec beaucoup de bonheur et de joie que je vous retrouve ce soir, après un long séjour, de deux (2) mois et demi, passé à Paris.
Je ne puis, donc, m’empêcher de vous remercier pour cette mobilisation et cet accueil, à la fois, fraternel et militant que vous venez de m’offrir dans la pure tradition du PDCI-RDA.
Avant de vous donner les nouvelles de mon séjour en France, je voudrais vous féliciter d’avoir su entretenir la flamme militante au sein de notre grand parti, le PDCI-RDA.
Pour ce qui est de mon séjour en France, je puis vous dire qu’il a été fructueux dans l’ensemble.
A cet effet, je voudrais m’acquitter d’un devoir de remerciements à l’endroit :
-des milieux politiques français qui n’ont pas hésité à me recevoir pour échanger sur divers sujets concernant, à la fois, la marche de notre pays et la coopération entre nos états,
-des médias français et africains qui m’ont offert l’opportunité de m’exprimer sur les sujets touchant à la vie de notre nation, très souvent méconnus de l’opinion internationale
-de nos frères de la diaspora résidant en Europe, tous déterminés à œuvrer pour une réconciliation vraie, par le dialogue, dans l’optique que nous parvenions à une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, j’ai rendu le 29 juillet 2019, une visite de courtoisie et de compassion au Président Laurent GBAGBO à Bruxelles. Cette rencontre fraternelle, au-delà de la charge émotionnelle, a été décisive pour le rapprochement entre le PDCI-RDA et le FPI; en témoigne le meeting tenu conjointement le 14 septembre dernier par nos deux formations politiques.
Dans la même veine, j’ai dépêché, le 21 août 2019 à la Haye, une mission de haut niveau, conduite par le Secrétaire Exécutif, Maurice Kakou GUIKAHUE, pour exprimer ma compassion et celle du PDCI-RDA au Ministre Blé GOUDE, Président du COJEP, membre de notre plateforme.
Revenant à la vie de notre parti, je voudrais vous exprimer la satisfaction que j’ai ressentie pour la parfaite conduite des activités menées:
-d’une part par nos groupes parlementaires à l’assemblée nationale et au sénat,
-d’autre part par toutes les structures et organes opérationnels du PDCI-RDA, sous la supervision du Secrétaire Exécutif en Chef.
En effet, par votre engagement militant, fait de cohésion, de loyauté et de fidélité au parti, vous avez réussi à:
1-organiser, du 20 juillet au 31 août, les missions de sensibilisation et de mobilisation de notre personnel politique dans les six zones politiques.
J’adresse, solennellement, mes vives et chaleureuses félicitations au Secrétaire Exécutif en chef et à l’ensemble du personnel politique de notre parti.
Le succès éclatant de ces missions constitue la preuve évidente que nos structures opérationnelles à la base sont déterminées et prêtes à nous assurer la reconquête effective du pouvoir d’État en octobre 2020; n’en déplaise à ceux qui font croire, à tort, le contraire à l’opinion nationale et internationale,
2-contribuer, efficacement par vos propositions judicieuses, à la reconstitution de l’une de nos instances décisionnelles, qu’est le Bureau Politique. Je voudrais vous informer que le Bureau Politique sera appelé à se réunir, dans les prochains jours, pour la préparation et la convocation de notre prochaine convention de désignation de notre candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020.
Oui, Mesdames et Messieurs, ce Bureau Politique est très attendu, préparons-nous à réussir son organisation en nous acquittant tous de nos cotisations individuelles,
3-finaliser les travaux de mise en place de la plateforme non idéologique, dont les actes constitutifs ont fait l’objet de signature par mes soins à Paris.
C’est vous dire, également, que contrairement à ceux qui en doutaient, pour des raisons qui leur sont propres, nous avons réussi à regrouper les partis politiques et les forces vives de la nation, épris de paix, d’équité et d’amour pour notre patrie, pour parvenir à la réconciliation nationale, gage certain pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire,
4-tenir le premier meeting de réconciliation nationale, en relation avec l’ensemble de l’opposition politique ivoirienne significative.
Malgré ces succès, Mesdames et Messieurs les membres de nos instances statutaires, ici présents, nous devons demeurer déterminés, car plusieurs sujets, non encore définitivement traités, appellent de notre part une vigilance permanente et des actions de mobilisation sur le terrain pour notre victoire certaine à l’élection présidentielle d’octobre 2020.
Dès aujourd’hui, il est urgent et crucial que nous nous mobilisons pour obtenir:
• la réforme profonde de la commission électorale indépendante,
• le nouveau découpage électoral fondé sur une répartition équitable des sièges des élus entre les différents ressorts territoriaux en fonction de la densité de la population,
• le démantèlement définitif de tous les sites d’orpaillage clandestin,
• la cessation de tous les trafics illicites concourant à la fraude sur la nationalité ivoirienne,
• l’empêchement de la modification de la constitution ivoirienne votée et promulguée en novembre 2016.

Telles sont, Mesdames et Messieurs, les préoccupations qui doivent retenir notre attention dans la conduite des activités de notre parti, jusqu’à l’élection présidentielle d’octobre 2020.
Notre objectif doit être de parvenir à la réconciliation nationale, par un dialogue politique constructif, à travers la préservation des acquis démocratiques, de l’état de droit, constamment menacé, et de la stabilité de notre nation.
Je vous remercie.
Fait à Abidjan, le 24 septembre 2019
Henri Konan BEDIE
Président du PDCI-RDA

Lire la suite
21 Sep
0

Présidentielle 2020, le président Bédié dans ‘’Jeune Afrique’’: «Je ne cours pas après l’argent, je ne cours pas après les honneurs… j’attends Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire» (interview intégrale)

Côte d’Ivoire – Henri Konan Bédié : «Redevenir président ? Ce serait une revanche»
21 septembre 2019 à 16h08Par Anna Sylvestre-Treiner

Une rencontre avec Laurent Gbagbo en juillet, une autre avec Guillaume Soro en septembre… À un an de l’élection, le Sphinx assume les jeux d’alliances et sa rupture consommée avec le RHDP.
Son secret ? Un peu de gymnastique, un bon kiné, pas d’alcool et, de temps en temps, un cigare cubain. À 85 ans, Henri Konan Bédié est en pleine forme. Lorsqu’il nous reçoit, le 10 septembre, dans son luxueux appartement parisien, l’ancien président jubile. À un an de la présidentielle, il vient de rencontrer Guillaume Soro et se délecte encore de cet aller-retour effectué à la fin de juillet à Bruxelles, où il est allé rendre visite à Laurent Gbagbo. Qu’importe si ces deux éléphants sont d’historiques adversaires. Au grand jeu du poker menteur ivoirien, tous les coups sont permis. Son nouvel allié ne sera pas maître de son destin pendant encore de longs mois, condamné au silence et à résider loin d’Abidjan depuis que la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a fait appel de son acquittement, le 16 septembre. Voilà donc Henri Konan Bédié à la tête de la fronde anti-Ouattara.
Après quinze années d’un mariage de raison, le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a mis fin à leur union et a retrouvé toute son acrimonie contre le chef de l’État. « Cette rupture lui a redonné goût à la politique », confie l’un de ses proches. Vingt ans exactement après avoir été chassé du pouvoir par les militaires du général Gueï, il semble se prendre à rêver d’un retour au palais présidentiel. Plus qu’une revanche, ce serait une résurrection. Ne l’appelle-t-on pas le Sphinx ?

Jeune Afrique : Il y a un mois et demi, vous avez rendu visite à Laurent Gbagbo à Bruxelles. Depuis, le PDCI et le FPI [Front populaire ivoirien] ont réussi leur premier pari en organisant un grand meeting commun à Abidjan. Où en est votre alliance ?
Henri Konan Bédié : Ce que nous avons décidé à Bruxelles tient toujours. Le PDCI et le FPI travaillent désormais ensemble au sein d’une même plateforme politique.

Sur le plan idéologique, vos deux partis n’ont pas grand-chose en commun. Quelle forme cette alliance va-t-elle prendre ?
Ils sont socialistes et nous sommes libéraux, notre plateforme n’est donc ni idéologique ni rigide. C’est une entente pour travailler ensemble à des objectifs précis en vue de l’élection présidentielle de 2020.

Vous accorderez-vous sur un candidat commun ?
Non. Chaque parti aura son candidat. Mais au second tour, le mieux placé recevra le soutien de l’autre.

Lorsque vous l’avez vu le 29 juillet, comment se portait Laurent Gbagbo ?
Il allait très bien.

Allez-vous le revoir bientôt ?
Il n’est pas prévu que j’aille à Bruxelles dans l’immédiat. À vrai dire, je l’attends plutôt en Côte d’Ivoire.

Au début de septembre, vous avez aussi revu l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, à Paris. Fera-t-il partie de cette plateforme ?
J’ai de très bonnes relations avec Guillaume, nous avons la même vision, et les mouvements qui le soutiennent font partie de notre alliance.

Vous a-t-il dit s’il sera candidat ?
Nous n’en avons pas parlé.

S’il se présente, soutiendra-t-il au second tour celui d’entre vous qui sera le mieux placé ?
Exactement.

Laurent Gbagbo a-t-il accepté de s’allier à Guillaume Soro ? Leurs relations ont de quoi être
difficiles…
Pourquoi faudrait-il demander l’accord de Laurent Gbagbo ? Il y a d’un côté les mouvements politiques de Guillaume Soro, de l’autre le FPI, de Laurent Gbagbo. Chaque entité n’a pas à avoir l’accord de l’autre pour faire ceci ou cela.

Finalement, le mot d’ordre de cette plateforme, c’est « tout sauf Ouattara » ?
Elle n’est dirigée contre personne. Mais en effet, nous sommes un grand rassemblement d’opposition, et Alassane Ouattara n’en fait pas partie.

Lorsqu’il a commenté votre rencontre, le président ivoirien a dit : « Je sais ce que Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié pensent l’un de l’autre », sous-entendant que vous ne vous teniez pas en grande estime…
Il a des certitudes comme cela, il s’imagine savoir ce que pensent les gens. Alors souvent, quand il comprend qu’il s’est trompé, le réveil est brutal.

EN POLITIQUE, RIEN N’EST DÉFINITIF. MAIS POUR LE MOMENT, MON ALLIANCE AVEC ALASSANE OUATTARA EST ROMPUE.
Concernant vos relations avec Laurent Gbagbo, il se trompe ?
Oui. Quand on a de telles certitudes, on s’expose à des déconvenues.

Votre rupture avec Alassane Ouattara est-elle définitive ?
En politique, rien n’est définitif. Mais pour le moment, notre alliance est rompue. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Y a-t-il encore des canaux de discussion entre vous deux ?
Très peu.

Vous ne vous parlez plus ?
Entre nous, il n’y a plus de dialogue. Mais de temps en temps, on se téléphone, comme quand il a perdu sa belle-fille, ou à l’occasion de la fête nationale.

Avant d’être alliés de 2005 à 2018, vous avez été de grands rivaux et vous le redevenez désormais. Les masques sont-ils tombés ?
Oui. Il n’a pas tenu les engagements qu’il avait pris envers moi dans le cadre de l’appel de Daoukro, il n’a pas respecté ses engagements pour l’alternance en 2020 !

LE CANDIDAT DU PDCI POUR 2020, CE N’EST PAS FORCÉMENT BÉDIÉ !

Son entourage dit que vous lui avez demandé de soutenir votre propre candidature. Pour lui, c’est inacceptable…
Mais non ! Moi, c’est le PDCI, le PDCI c’est moi ! Je ne lui ai pas demandé de soutenir Bédié, mais de soutenir le candidat du PDCI. C’est ce qu’il n’a pas voulu faire.

Et le candidat du PDCI pour 2020, ce n’est pas Bédié ?
Ce n’est pas forcément Bédié !

Alassane Ouattara a dit qu’il procéderait prochainement à des modifications de la Constitution. Il pourrait notamment rétablir un âge limite pour se présenter à la magistrature suprême. Qu’en pensez-vous ?
Il y a de graves risques de tripatouillage, et nous combattrons ce projet.

Est-ce que cela pourrait être pour vous exclure de la course ?
On ne peut pas penser à sa place. Mais si j’étais lui, je ne ferais pas cela. La manœuvre serait trop flagrante.

Allez-vous vous présenter à la prochaine présidentielle ?
Vous le saurez au deuxième semestre de 2020, lorsque la convention d’investiture désignera le candidat du PDCI. Par le passé, j’ai été président de la République mais jamais je n’ai été candidat. On est toujours venu me chercher.

Mais en avez-vous envie ?
Si le parti vient me chercher, alors je verrai dans quel état physique et personnel je serai.

Redevenir président, serait-ce pour vous une revanche sur le coup d’État de 1999 qui vous a renversé?
Oui, ce serait une revanche, mais il n’y aurait pas de vengeance. Ce serait me rendre justice.

Serait-ce aussi une revanche sur 2010 ? Considérez-vous toujours que vous auriez dû être au second tour ?
Tout à fait. Ce serait également un facteur de réconciliation.

Pourrait-il y avoir une élection avec Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié comme candidats en 2020 ?
Non, car contrairement à moi il n’a pas le droit de se présenter.

UN TROISIÈME MANDAT D’ALASSANE OUATTARA NE SERAIT PAS ACCEPTABLE, NI POUR MOI NI POUR LE PAYS

Alassane Ouattara dit que la Constitution lui permet de faire un troisième mandat…
S’il fait un tripatouillage, peut-être, mais pas en l’état.

Vous ne considérez pas que les compteurs ont été remis à zéro avec le vote de la nouvelle Loi fondamentale en 2016 ?
Non. La limite, c’est deux mandats, c’est écrit dans la Constitution. Un troisième mandat ne serait pas acceptable, ni pour moi ni pour le pays. S’il le fait, vous entendrez le tapage que cela fera.
Que répondez-vous aux Ivoiriens qui estiment que c’est toujours la même génération qui préside aux destinées du pays et qu’il faut laisser la place aux jeunes ?
Au PDCI, nous n’avons pas ce problème-là. Notre parti est dirigé à 60 % par des jeunes de moins de 45 ans, ils sont des centaines dans nos structures.

Mais c’est vous qui êtes aux commandes…
Je ne suis pas un patron autocrate, je gouverne avec eux.

Après votre rupture avec Alassane Ouattara, des cadres importants de votre parti, comme Patrick Achi ou Jeannot Ahoussou-Kouadio, ont rallié le RHDP. N’est-ce pas un coup dur ?
Non, pas du tout. Nous le voyons, il y a de très fortes attentes vis-à-vis du PDCI, la mobilisation est de plus en plus importante. Ces gens qui nous ont quittés n’ont pas emporté avec eux nos électeurs, ils n’ont même pas emmené les populations de leur village. Ils sont partis tout seuls.

Comprenez-vous leur choix ?
Je suppose qu’ils ont agi selon leurs intérêts. Pour les uns, conserver un poste, pour d’autres, parce qu’ils avaient été menacés par le pouvoir.

Certains d’entre eux étaient proches de vous. Vous êtes-vous senti trahi ?
C’est une trahison, mais je n’ai pas de ressentiment. Il y a longtemps que je suis en politique, ce ne sont pas les premiers traîtres que je croise. Ils ne peuvent ni m’affaiblir ni m’affecter outre mesure.

En juin, vous avez été accusé de faire ressurgir le discours sur l’ivoirité. Que répondez-vous ?
Il n’y a pas un seul mot d’ivoirité dans ce que j’ai dit. J’ai dit que les orpailleurs clandestins étaient des étrangers venus de pays voisins et qu’ils opéraient contre les intérêts du pays. Le plus grave, c’est qu’ils viennent armés. Même Alassane Ouattara a reconnu que l’orpaillage clandestin était un fléau pour la Côte d’Ivoire !

Vous avez aussi parlé d’invasion massive des étrangers et de leur enrôlement en vue des élections…
J’ai parlé de fraude sur la nationalité ivoirienne, c’est vrai. Il y a de fausses cartes d’identité qui ont été fabriquées à l’étranger. Des camions et des documents ont été saisis, tout cela a été prouvé par des enquêtes, mais leurs conclusions ont été rangées au fond d’un tiroir. Qu’a-t-on fait de ces faux ? Je ne sais pas, mais des responsables du RHDP [Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, au pouvoir], comme Kobenan Kouassi Adjoumani, ont dit : « Au RHDP, nous n’avons pas peur d’enrôler des étrangers pour les élections. » Il a avoué. Il y a des inscriptions d’étrangers sur les listes électorales en vue des scrutins. C’est comme ça que le RHDP entend gagner en 2020, avec du bétail électoral.

Ce sont des imputations graves, vous les renouvelez donc ?
Oui. Quand une élue RHDP [Mariam Traoré, députée de Tengrela, dans le Nord] dit qu’elle ne souhaite pour rien au monde céder le pouvoir à des non-musulmans, c’est plus grave encore que l’ivoirité. Et cette élue n’a pas été sanctionnée.

Le climat politique en Côte d’Ivoire vous inquiète-t-il ?
Il est préoccupant. Regardez le dernier remaniement ministériel : on vient de composer un cénacle de 54 ministres [Premier ministre inclus]. Maintenant, il faut installer ces gens, leur donner quelques millions pour qu’ils se construisent une maison comme le veut la tradition, il faut qu’ils se constituent un cabinet, il faut leur trouver des locaux, des véhicules… Et tout cela pour faire main basse sur le budget de l’État et faire campagne pour leur patron.

Quel patron ? On évoque le nom du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, comme candidat du RHDP pour 2020. Quel regard portez-vous sur son bilan ?
Ses performances ne sont pas terribles. Il a conduit le pays vers une économie en berne : la croissance ralentit, le chômage explose…

Les grandes institutions internationales applaudissent pourtant les performances de la Côte d’Ivoire, qui a l’un des meilleurs taux de croissance du continent…
Mais notre endettement n’a cessé d’augmenter.

IL N’Y A PAS D’ÂGE LIMITE EN POLITIQUE

Jusqu’à l’année dernière, votre parti était au pouvoir avec celui d’Alassane Ouattara. N’êtes-vous pas vous aussi comptable de ce bilan ?
Non, ces questions sont de la responsabilité du président de la République. Je nommais quelques personnes au gouvernement, c’est tout. Nous n’occupions même pas les postes clés.

Vous avez aujourd’hui 85 ans, vous dirigez votre parti depuis plus de vingt-cinq ans, vous avez déjà été président… Qu’est-ce qui vous anime encore ?
Il n’y a pas d’âge limite en politique. Tant que je suis en bonne santé, tant que le PDCI a besoin de moi, je dois le servir. Je ne cours pas après l’argent, je ne cours pas après les honneurs : je le fais par mission, comme un sacerdoce.
Jeuneafrique.com, interview publiée le 21 septembre 2019 à 16h08
et réalisée par Anna Sylvestre-Treiner

Lire la suite
19 Sep
0

Seri Bi N’Guessan (S.E DDCS PDCI-RDA): «La Cei sera ce que voudront les Ivoiriens… Pourquoi le président Bédié n’est pas rentré mardi dernier »

Secrétaire exécutif chargé des Délégations et des sections du Pdci-Rda, Seri Bi N’Guessan a fait, aux médias, le point d’une importante réunion présidée, ce mercredi 18 septembre, par le secrétaire exécutif en chef, Pr Maurice Kakou Guikahué. Le 28 septembre est la date pour achever des diligences au niveau de toutes les délégations. Seri Bi N’Guessan s’est aussi prononcé sur des questions d’actualité.

Après le meeting du Parc des sports, comment préparez-vous l’autre meeting annoncé pour le 19 octobre à Yamoussoukro ?
D’abord pour le meeting du 14 septembre au Parc des sports de Treichville, le secrétaire exécutif en chef a félicité chaleureusement les délégués qui ont été à la base de la grande mobilisation que nous avons vue au cours de ce meeting conjoint avec tous les partis de l’opposition significative. Pour le meeting du 19 octobre, ce point a été remis à une autre réunion, vu que le président du comité d’organisation déjà à pied d’œuvre n’était pas là. La préparation de ce meeting est très importante. Comme vous le savez, c’est un meeting qui sera organisé uniquement par le Pdci-Rda et la barre a été mise vraiment très haut pour que nous ayons le résultat qui est que là où nos adversaires disent que le Pdci a été vidé, on démontre au contraire que le Pdci a rempli les bords et nous attendons à peu près 100 000 militants à Yamoussoukro. En occupant toute la zone de la place Jean Paul II, depuis le bas face au lycée Mamie Adjoua jusqu’en haut face à la préfecture. C’est donc une réunion très importante. Elle a été reportée et le comité d’organisation, en ce moment-là, sera au complet.

Au-delà de l’organisation en interne, avez-vous abordé des sujets au plan national comme la question de la Cei ?
La question de la Cei est en suspens. Vous savez, le Pdci et tous les partis significatifs de l’opposition ont une action en justice au niveau international. Là, en ma connaissance, il n’y a pas encore eu de changement. Et par rapport à ça, le Pdci n’est pas concerné par rapport à toutes les activités administratives qui tournent autour de la Cei telle que proposée par le gouvernement. Avec tout le passage en force que nous avons vu à ce niveau-là, c’est le statu quo.

Toujours est-il que le pouvoir envisage la mise en place de cette Cei qui est imminente. Ne craignez-vous pas que ce statu quo risque… ?
Une Commission électorale indépendante, je ne suis pas un grand spécialiste de ce point, mais vous savez que tout ce que nous avons eu ici en Côte d’Ivoire, toutes les crises ont eu comme point central, la question de la Cei. Je ne pense pas que le gouvernement actuel ne soit pas conscient de cette situation. Ne pas faire aujourd’hui, une Cei qui soit consensuelle, faire un passage en force, je pense qu’aucun parti de l’opposition ne l’acceptera. Les Ivoiriens mêmes ne l’accepteront pas. Parce que vous prenez au plan purement de nos traditions, quand un serpent vous a mordu, quand vous voyez une petite cordelette, vous sautez parce que vous êtes effrayé. Je pense que le gouvernement ne va pas prendre le risque de continuer ce passage en force. Une Cei consensuelle, équitable, une Cei qui fera en sorte que les populations, les partis politiques aient confiance, je pense que c’est celle-là qu’on attend. Pour le moment, ce n’est pas le cas. Donc le Pdci n’y va pas.

Mardi, le président Bédié devrait rentrer en Côte d’Ivoire, que s’est-il passé pour qu’il reporte son voyage. Des militants s’interrogent. Est-ce une question de santé? Qu’est-ce qui explique qu’il ne soit pas venu ?
Déjà sans sortir de secret, lors de la réunion préparatoire du Secrétariat exécutif qui a été élargi, lundi dernier, aux délégués du district d’Abidjan, le secrétaire exécutif avait clairement dit : « prenons les dispositions et quand la date exacte sera fixée, nous mettrons donc en œuvre tout ce qu’on aura décidé comme actions à mener. Notamment, actions de mobilisation etc. Et quand nous sommes sortis, compte tenu de ce que nous avons comme outils de communication entre les délégués, on a quand même décidé de ne pas enclencher l’action de communication. Ça veut dire que c’était prévisible certainement qu’au niveau du programme du président Henri Konan Bédié, il pourrait avoir quelques contraintes. Donc, ce n’est pas une question de santé, c’est un problème de calendrier. Vous voulez que je rêve ? Pourquoi pas, le fait de la décision de La Haye qui vient de tomber. Pourquoi pas, le président (Ndlr: Bédié) ne pourrait pas attendre et aller voir un peu son cadet Gbagbo, voir son moral avant de venir, par exemple ? Je ne dis pas que c’est une position… mais loin de penser que c’est une question de santé etc. Il peut y avoir beaucoup d’autres paramètres, mais dans tous les cas, le président Henri Konan Bédié viendra. Nous, nous avons déjà arrêté toutes les actions potentielles à mener. Il a été absent pendant 3 mois, il a eu un calendrier chargé, pendant que nous croyions qu’il était en vacances. C’était un calendrier politique et diplomatique très chargé. Vous avez en mémoire toutes les interviews qu’il a accordées aux médias internationaux, les rendez-vous et autres audiences qu’il a eus. Nous l’attendons pour qu’il puisse nous donner les bonnes nouvelles. Je pense que chaque fois qu’il va, il revient toujours bien requinqué et 2020, c’est maintenant.

Après l’appel de la procureure Fatou Bensouda, l’opinion s’attend à une déclaration du Pdci-Rda. Mais depuis rien. Peut-on savoir ce qui se passe ?
Par rapport à l’appel de Bensouda. J’ai cru que vous alliez me dire : est-ce que le fait que le président Henri Konan Bédié n’est pas venu, n’est pas en relation avec cet appel. Vous savez, les actions de justice, il faut être très prudent. Aujourd’hui, le président Bédié l’a dit, son souhait, c’est que le président Laurent Gbagbo rentre en Côte d’Ivoire, qu’il ne reste pas à l’étranger. Sa place est ici en Côte d’Ivoire. Il a même été très heureux de le voir toujours combatif, toujours en bonne santé. Quand ce genre de décision tombe, on marque un pas, on réfléchit avant de faire une déclaration.

Dans l’éventualité où la Cei ne serait pas consensuelle, est-ce que le Pdci est prêt à aller aux élections en 2020 ?
Vous pensez vraiment que le Pdci est aussi masochiste en sachant qu’avec une Cei non équitable, non consensuelle, avec ce que nous avons vu comme historique des crises, avec ce que nous avons eu comme la petite élection d’octobre 2018, au niveau local avec des morts, pensez-vous véritablement que le Pdci est un parti qui se fait hara-kiri en sachant qu’il y va pour en ajouter aux crises ? Moi, je pense qu’il ne faut même pas envisager cela. Dans tous les cas, le parti au pouvoir, aujourd’hui, ne prendra pas le risque d’un passage en force avec une Cei qui n’est pas consensuelle. Donc, ne posez-même pas cette question de voir que le Pdci participera ou pas. La Cei sera ce que voudront les Ivoiriens, la Cei sera ce que les partis politiques voudront, la Cei sera ce que les acteurs politiques voudront, elle sera la Cei consensuelle, équitable pour une élection juste et transparente.

Cette position est-elle de mise pour la révision de la Constitution que le pouvoir envisage de faire ?
Je n’ai pas de position particulière, mais je voulais simplement vous dire que le président Bédié a dit que le tripatouillage d’une Constitution est un grand risque pour la stabilité. Je m’arrête là.

Avez-vous un appel à lancer aux délégués ?
Mon appel est qu’il faut rapidement que les délégués puissent véritablement clore cette activité administrative qui leur est dévolue au niveau de leur feuille de route, en ce qui concerne les diligences.
Propos recueillis par Gilles Richard OMAEL et D. Sory

Lire la suite
17 Sep
0

Arrivée hier de Paris, Mme Henriette Konan-Bédié révèle : «La Côte d’Ivoire est toujours débout à l’étranger…»

Le Gala de  » Servir » aura-t-il lieu cette année ? Arrivée hier lundi 16 septembre d’un long séjour parisien, Mme Henriette Bédié, dans cet entretien, donne la réponse.

Quelles sont les activités que vous avez menées durant votre séjour ?
J’ai profité de mon séjour en France pour mener plusieurs activités sociales. On peut citer la fête des mères de la diaspora que j’ai parrainée, le concours Awoulaba, etc. J’ai été très heureuse de retrouver toutes mes filles en Europe. J’ai été une fois de plus heureuse de savoir que la Côte d’Ivoire est toujours débout à l’étranger. La mobilisation était totale et la fête très belle. J’ai aussi mis à profit ce séjour pour le compte de la Fondation  » Servir ».

Le traditionnel Gala de  » Servir  » aura-t-il lieu cette année ?
Je vais rapidement réunir mon équipe et après, on verra.

Quelles sont les nouvelles fraîches du président Bédié, votre époux ?
Le président Bédié va très bien. Il sera parmi vous très bientôt.
Avec Le Nouveau Réveil

Lire la suite
15 Sep
0

Samedi 14 septembre-Giga meeting de l’opposition significative au parc des sports : Voici l’intégralité du discours de Maurice Kakou Guikahué

 

Je ne vais pas vous faire un long discours. Je vous dis merci au nom du président Henri Konan Bédié et du président Laurent Gbagbo qui sont les initiateurs de cette rencontre. D’habitude, vous nous appelez pour nous reprocher qu’on est dans les bureaux pour faire des discours. Cela remonte à hier. À partir d’aujour’hui, on reste debout. Cette rencontre est un meeting de préparation et d’introduction. Vous nous avez honorés, en venant nombreux. Même si vous n’étiez pas nombreux, le fait que des militants du Pdci et ceux du Fpi font un meeting ensemble, c’est historique, c’est déjà gagné. A cela, vous avez ajouté la mobilisation. Félicitations ! Nous, nous consommons local. Nous avons voulu parler aux gens d’Abidjan. Des gens voulaient venir de l’intérieur, nous leur avons demandé de rester sur place là-bas car nous irons dans ces zones. Nous voulons voir ce que vaut Abidjan, en termes de mobilisation. C’est un entraînement. On ne vous a pas transportés pour vous rendre ici. Il n’y a pas d’eau, pas de sardines, pas de riz, pas de pain, sans argent mais vous êtes venus. Vous êtes venus parce que vous voulez le changement en Côte d’Ivoire. La Cei doit changer. La Carte nationale d’identité doit être gratuite. On ne doit plus emprisonnez de député en Côte d’Ivoire sans que l’immunité parlementaire ne soit levée. On ne doit plus envoyer de gens encagoulés pour arrêter des dirigeants politiques. On ne doit plus interdire à un homme politique de faire des discours en public. Etes-vous d’accord ? (Applaudissements dans la foule). C’est pour cela que nous vous avons appelés. Vous avez réalisé une prouesse. En une semaine, on vous a annoncé la tenue du meeting et voilà, vous êtes venus nombreux. On vous a dit que la sécurité ne serait pas garantie. Certains ont hésité mais aujourd’hui, ils ont vu la réalité. Comme ceux qui m’ont devancé à ce pupitre l’ont développé, dans ce pays, il faut qu’il y ait la réconciliation. Un président vient au pouvoir pour gérer les hommes. Houphouët nous a toujours dit qu’«il n’y a de richesses que d’hommes ». Tu vas faire des ponts, des gratte-ciels, des Chu, réparer tous les puits, offrir des millions aux gens mais si les cœurs sont noirs, rien ne pourra marcher. Il nous faut donc aller à la réconciliation. C’est pour cela que nous sommes venus à ce meeting pour vous dire que les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, l’ex président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro et le ministre Charles Blé Goudé ont opté pour cette posture identique de réconcilier les Ivoirines. Il est donc clair que cette posture d’annoncer la réconciliation est dans l’intérêt de tous les fils et toutes les filles de notre pays. Il faut se réconcilier pour que la paix véritable arrive. Sans stabilité, sans paix, il n’y a pas de développement. La restauration de la réconciliation est facteur de l’instauration d’un climat apaisé. Chers militants, chers compatriotes, il est plus que nécessaire de se libérer des entraves du passé. Ce qui est passé est passé. Nous devons regarder l’avenir, en posant deux actes pour lesquels, je vous demande déjà de vous mobiliser.
Le premier acte, c’est la libération complète de tous les prisonniers de la crise postélectorale. La loi d’amnistie qui a été promulguée le 06 août 2018, à la veille de la fête de l’Indépendance par le président Alassane Ouattara, en faveur des personnes poursuivies pour des infractions commises en lien avec la crise postélectorale, qu’elle soit appliquée également aux militaires. Ce ne sont pas les individus qu’on amnistie, c’est un fait qu’on amnistie. L’amnistie, c’est de tout effacer, tout oublier. Si tu enlèves certains que tu laisses d’autres, c’est que tu n’as rien oublié. L’amnistie doit être complète pour que tout le monde puisse être libéré.
Le second acte à poser dans l’optique de la réconciliation, est que le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé qui ont été acquittés de crime contre l’humanité reviennent en Côte d’Ivoire. Et avec eux, tous les exilés parce que l’article 22 de la Constitution interdit à tout Ivoirien d’être en exil. Il faut que les procès politiques contre des adversaires politiques prennent fin. Houphouët-Boigny a dit qu’on fait la politique pour vivre. C’est pour cela qu’il faut se réconcilier. Quand vous avez un adversaire, il faut prier tous les matins pour qu’il vive pour voir comment vous agissez afin qu’il vous donne raison. S’il est mort, qui viendra vous juger ? Ce meeting est le premier du genre. Il y en aura d’autres. Prochainement, c’est “Opération inondation’’ du Plateau avec le stade Félix Houphouët-Boigny. La réconciliation vraie et la paix qui constituent la seconde religion pour la Côte d’Ivoire prônée par le président Houphouët-Boigny sont à ce prix. Au nom de tous les organisateurs, je voudrais vous dire merci d’être venus, d’avoir bravé la pluie. Quand vous avez renversé les chaises sur vos têtes, à partir de la tribune, c’est un spectacle fabuleux dont on peut faire un film.
Sercom Pdci-Rda

Lire la suite
15 Sep
0

Après la mobilisation extraordinaire du Parc des sports: Guikahué annonce l’‘’Opération inondation du Plateau’’…

Combien étaient-ils, les militants du Pdci-Rda et du Fpi, ce samedi 14 septembre 2019, au Parc des Sports d’Abidjan Treichville ? Difficile de le dire. Toujours est-il que ce lieu choisi pour le meeting historique de l’opposition réunie au sein de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et pour la Paix (CDRP) a refusé du monde. Les militants du Pdci-Rda et du Fpi et leurs alliés ont effectué nombreux le déplacement. Un public honorable auquel les dirigeants de la nouvelle coalition en gestation ont eu l’éloquence de s’adresser pendant des heures.
Le dernier à prendre la parole, à cette tribune, le chef du Secrétariat exécutif du Pdci-Rda, Maurice Kakou Guikahué traduira toute sa satisfaction pour la mobilisation réussie non sans insister sur le rapprochement que le Fpi et son parti sont en train de construire. « Même si vous n’étiez pas nombreux, le fait que des militants du Pdci et du Fpi fassent ensemble un meeting, c’est historique et c’était déjà gagné. Mais, à ce CV historique, vous avez ajouté la mobilisation. Félicitation », indiquera le plus proche collaborateur du président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, avant d’ajouter plus loin, à l’endroit de ces militants en symbiose : « Il est plus que nécessaire de se libérer des entraves du passé. Ce qui est passé est passé. Nous devons regarder l’avenir en posant des actes pour lesquels je vous demande déjà de vous mobiliser parce qu’on doit l’obtenir ».
A propos, le premier défi que le N°2 actuel du Pdci appelle à relever, c’est la libération complète de tous les prisonniers de la crise post-électorale. Pour lui, en effet, la loi d’amnistie du 6 août 2018 devra s’appliquer également aux militaires. Parce que, justifie-t-il, « ce ne sont pas des individus qu’on amnistie, c’est un fait qu’on amnistie ».
Ensuite, Maurice Kakou Guikahué exige le retour au pays de l’ex-président, Laurent Gbagbo et son dernier ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, acquittés de tous les crimes dont ils ont été accusés devant la Cour pénale internationale. Avec ces deux personnalités, le chef du Secrétariat exécutif du Pdci appelle à la création de conditions idoines devant permettre à tous les autres exilés de regagner leur pays.
Au niveau des batailles que le Pdci compte mener ensemble avec son nouvel allié du Fpi et les autres, Guikahué a mis l’accent sur le changement de la Commission électorale indépendante (Cei), la gratuité de la Carte nationale d’identité (Cni), mais aussi la lutte pour les libertés individuelles afin, souligne-t-il que plus jamais aucun député n’aille en prison sans la levée de son immunité ou qu’aucun dirigeant politique ne soit arrêté ou interdit de faire des discours publics.
‘’Opération inondation du Plateau’’
Parlant de la réconciliation, le thème central du rassemblement du jour, le ministre Guikahué tout l’intérêt que représente ce chantier pour la Côte d’Ivoire. Toute chose qui fonde le rapprochement entre les grands leaders de l’opposition qui forment aujourd’hui la CDRP. «Dans ce pays, pour que les choses se passent, il faut qu’il y ait la réconciliation. Tu vas tout construire, mais si les cœurs sont noirs, ça ne peut pas marcher. Nous sommes venus vous dire que les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et Charles Blé Goudé ont été pour cette posture identique de réconcilier les Ivoiriens. Cette perspective est l’intérêt de toutes les filles et les fils dans ce pays. Sans stabilité, sans paix, il n’y a pas de développement », a lancé le député de Gagnoa sous-préfecture qui annonce des challenge plus importants encore à venir, en terme de mobilisation de l’opposition. « Ce meeting, c’est un entrainement. C’est un meeting de préparation, d’introduction. On ne vous a pas transporté, il n’y a pas eu de l’eau, du riz, rien (…). A partir d’aujourd’hui, on reste debout. Prochainement, on sera 10 fois plus nombreux. Prochainement, ce sera ‘’Opération inondation du Plateau’’ avec le Stade Félix Houphouët-Boigny’’ », a annoncé le ministre Guikahué, pour qui la réconciliation et la paix prônées par le président Houphouët-Boigny passent par cette mobilisation.
Avec F.D.BONY (abidjan.net)

Lire la suite
13 Sep
0

Le S.E Maurice Kakou Guikahué parle aux militants et aux Ivoiriens : «Ce samedi 14 septembre, ce sera un meeting fondateur de la vraie réconciliation, le pays nous appelle»

Dans le cadre des visites aux délégations départementales et communales, le chef du Secrétariat exécutif, Pr Maurice Kakou Guikahué a échangé, ce jeudi 12 septembre au quartier Maroc avec le personnel politique de Yopougon-Cité verte et de Yopougon Niangon.
Les délégués Kouassi Kangah Léo (Yopougon-Cité verte) et Doumbia Dramane (Yopougon Niangon) ont fait le plein de leurs Secrétaires de section et des présidents de comité de base pour écouter et échanger pendant près de 2h, l’envoyé du président Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA.
Après avoir traités tous les sujets d’actualité du parti et de la nation ivoirienne, avec en ligne de mire la présidentielle de 2020, le S.E en chef a lancé un appel à la grande mobilisation des militants de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP, plateforme non idéologique du président du Pdci-Rda) et d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS du Fpi de Laurent Gbagbo) pour le meeting conjoint PDCI/FPI au Parc des sports à Treichville, le samedi 14 septembre 2019 dès 9h. Intégralité du message de son appel aux Ivoiriens.
«Chères militantes, chers militants, je voudrais vous dire merci pour cette séance de travail que nous venons d’avoir, ici, dans la 3e phase de Yopougon 3 qui comporte les délégations de Niangon et de Cité verte. Vous êtes sortis massivement, nous voudrions vous dire merci.
Nous avons abordé, dans les échanges, des questions importantes de la Nation. Souvent, vous dites que fait notre parti, que fait l’opposition? Tout à l’heure, je vous ai dit que le président Bédié a rendu visite au président Laurent Gbagbo, dans le cadre de la réconciliation nationale. Et nous-mêmes, nous avons rendu visite à Blé Goudé. Et le PDCI-RDA, le FPI avec les plateformes, c’est-à-dire, la plateforme de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (Cdrp), c’est cette plateforme qui est non idéologique initiée par le président Henri Konan Bédié où se trouvent des partis comme le Raci de Soro Guillaume, l’Urd, le Rpci de Bamba Moriféré, le Rpp de Ouattara Gnonzié, le Pit d’Akoi Ahizi, l’Upci de Soro Brahima, le Mfa de Moutayé, le Cojep de Charles Blé Goudé est avec nous, La Nouvelle Côte d’Ivoire de Gnamien Konan, le Mvci de Sékongo Félicien un mouvement de la nouvelle génération pro-Soro est avec nous, plusieurs autres partis sont avec nous. Et de l’autre côté, il y a l’EDS qui est la plateforme des mouvements et partis politiques proches de Laurent Gbagbo. En fait, nous sommes dans un rapprochement avec le FPI, chaque parti politique avec des plateformes où se trouve chaque parti. Le PDCI est dans la plateforme Cdrp et le Fpi de Gbagbo est dans le plateforme qui s’appelle EDS (Ensemble pour la démocratie et la souveraineté). En général, la presse nous appelle ‘’l’opposition significative’’. Et c’est cette opposition significative qui a décidé de se retrouver le samedi 14 septembre 2019, dès 9h au Parc des sports de Treichville. C’est un meeting pour la vraie réconciliation nationale, mais au cours duquel nous allons dénoncer ce qui ne nous plait. Donc, je voudrais lancer un appel aux militants du Pdci-Rda, aux autres militants des partis membres de la CDRP pour venir nombreux. Pour les militants du Pdci-Rda, venez en pagne et tenues Pdci pour qu’on sache votre nombre et on verra votre degré de mobilisation. Venez remplir le Parc des sports de Treichville. Avec le concours des autres partis, le Fpi viendra aussi, le Raci viendra aussi. Aujourd’hui, il y a 3 grands leaders qui sont les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Soro Guillaume, auxquels s’ajoute Charles Blé Goudé qui vient de créer un parti politique, le Cojep. C’est donc l’ensemble des partis qui soutiennent ces grands leaders qui se retrouve au Parc des sports. Montrez à la Communauté internationale, au monde entier que nous sommes les plus nombreux contrairement à ce qui se raconte et que les gens disent. Les gens racontent partout que le Pdci est désossé, qu’il n’y plus rien au Pdci, il faut les faire mentir. Si vous ne sortez pas massivement, c’est que vous leur donnez raison. Rien que pour ces allégations mensongères, sortez massivement, comme je le dis, à pieds, à moto, en woro-woro, en taxi, en Gbaka, en bus, en pinasse, les amis soyez généreux, vous avez une voiture, au lieu d’aller seul mettez 4 personnes avec vous et vous aurez transporté 5 personnes. Tous ceux qui ont les moyens, aidez ceux qui n’en ont pas et qui voudraient franchement participer à cette mobilisation, pour qu’on aille montrer à la face du monde que le Pdci est toujours le Pdci et que le président Bédié tient les rênes. Et que le rapprochement Pdci/Fpi dans les plateformes Cdrp et Eds avec les concours de Soro Guillaume et Blé Goudé, tout cela représente une alternative crédible pour la Côte d’Ivoire. Donc je vous lance un appel à tous ceux qui parlent de carte d’identité, qui parlent de CEI, de tripatouillages d’élections, de bâillonnement de l’opposition, le cas Kouassi Valentin de la Jpdci urbaine, etc. C’est pour tout ça qu’on organise le meeting pour dénoncer tout ça, pour dénoncer le recul démocratique et la confiscation des liberté. Donc on vous attend, demain samedi 14 septembre 2019 au Parc des sports de Treichville. Ce samedi 14 septembre, ce sera un meeting fondateur de la vraie réconciliation, voici les sujets qui seront traités…le pays nous appelle. Venez nombreux. Je vous remercie.»
Guy TRESSIA

Lire la suite
11 Sep
0

10 personnes priées de prendre contact de toute urgence avec le secrétariat du S.E

Les Personnalités dont les noms suivent sont priées de prendre contact de toute urgence avec le Secrétariat du Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA. Ce sont:

1- BOUAMAN TEHE Bernadette (Mme)
2- DOUA BI Toui Roger
3- KONATÉ Issouf
4- LANCINE Sylla
5- YAO Nguessan Alfred
6- GOMI BI Zaouli
7- KOFFI LUC
8- HIEN Martine (Mme)
9- KAMBOU Tilka
10- NGALA Martine (Mme)
Fait à Abidjan, le 8 septembre 2019

Le Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA
Pr. Maurice KAKOU GUIKAHUE

Lire la suite
11 Sep
0

Le S.E Guikahué à propos du meeting de ce samedi 14 septembre: «Quel que soit le lieu qu’on va choisir, il faut que ce lieu-là soit rempli»

Au sortir de la 139ème session du secrétariat exécutif qu’il a présidée, ce mardi 10 septembre 2019, au siège du Pdci à Cocody, Pr Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda, s’est confié aux journalistes.

Monsieur le secrétaire exécutif en chef, vous venez de présider la 139ème session du secrétariat exécutif, de quoi avez-vous parlé ?
Nous avons parlé de deux principaux points, le meeting du 14 septembre 2019 et le rapport des rencontres de zones du secrétaire exécutif avec les responsables de base. Sur ce deuxième point, nous avons adopté ce rapport pour qu’un compte rendu précis et exhaustif soit fait au président du parti. Ensuite, nous avons constitué des équipes pour préparer le Bureau politique de novembre, qui va décider de la convocation de la convention qui va décider du choix du candidat du Pdci-Rda à l’élection présidentielle de 2020. La convention doit avoir un thème, des dates, un lieu et des commissions de travail. Donc, nous avons mis en place les équipes préparatoires.
Enfin, nous avons longuement discuté du meeting du 14 septembre 2019. Il y aura un meeting conjoint le samedi 14 septembre qui émane de la rencontre entre le président Bédié et le président Gbagbo à Bruxelles. C’est un meeting conjoint organisé par le Pdci et le Fpi avec leurs alliés à savoir les deux plateformes : la plateforme du Fpi qui s’appelle EDS et la plateforme initiée par le président Henri Konan Bédié qui s’appelle la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix. Donc c’est l’ensemble de partis politiques qui organise ce meeting. Mais on met souvent en avant le Pdci et le Fpi, sinon, c’est l’ensemble des partis des deux plateformes qui, en collaboration, organise ce meeting conjoint. Nous avons choisi la commune de Marcory pour tenir ce meeting et ensuite nous avons choisi le stade Robert Champroux pour abriter cette manifestation. Nous avons écrit au ministre des Sports en bonne et due forme et après analyse, le ministre des Sports nous a répondu qu’il a fermé le stade Robert Champroux depuis le mois de juin pour travaux et qu’il ne pouvait pas le recouvrir pour nous le donner pour faire des manifestations. Cependant, il faut être objectif, dans sa réponse, le ministre nous a écrit qu’il restait ouvert pour analyser toute autre demande d’infrastructure relevant de sa responsabilité. C’est ainsi que nous avons demandé le stade de l’Injs. Donc, cette demande est à l’étude et le ministre a élargi l’éventail des structures qui sont sous sa responsabilité, nous demandant s’il nous proposait d’autres structures qui sont hors de Marcory, nous serions d’accords. Nous sommes donc en train d’analyser la situation et demain (Ndlr, ce mercredi 11 septembre, entretien réalisé avant la confirmation du Parc des sports), au plus tard à midi, nous serons capables de dire à nos militants, le lieu où nous organisons cette manifestation. Voici donc, la décision qui a été prise.

Des informations annoncent que la manifestation aura finalement lieu au Parc des sports à Treichville ?
Ce qui est formel, c’est que ce n’est plus au Champroux parce que le ministre des Sports dit que le Champroux est fermé. Cependant, il dit qu’il est ouvert à toute autre demande concernant toute autre structure. C’est pourquoi, je vous dis qu’aujourd’hui, au plus tard à midi, nous serons en mesure de vous dire exactement et de façon définitive, le lieu qui abritera le meeting. Mais, le meeting aura lieu le 14 septembre quoiqu’il en soit.

A part le stade Champroux, est-ce qu’un autre espace au niveau d’Abidjan sud pourrait faire votre affaire ?
Je suis en train de vous dire que le ministre dit qu’il y a un certains nombres d’infrastructures sous sa responsabilité. Et il est ouvert. C’est pour cela que je dis qu’aujourd’hui à midi, on vous en parlera parce que nous allons apprécier toutes les propositions qui vont être faites. Mais ce qu’on remarque, ils nous ont refusé le Champroux, mais on aura d’autre infrastructure. Mais même si on n’avait pas d’infrastructure, on fera notre meeting.

Au niveau de l’actualité, avez-vous parlez de la Cei. Les militants veulent savoir à quel niveau les choses avancent ?
Pour la Cei, on a déjà dit qu’on ne rentrait pas dans la Cei. Et qu’on a porté plainte devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Donc, on attend les résultats.

Aucune réponse n’est venue de la Cour ?
Pour l’instant, non. Quand ça viendra, vous serez les premiers à être convoqués.

Monsieur le ministre, il y a un journal qui a choisi de prendre votre nom pour faire sa ligne éditoriale. Chaque jour ou chaque deux jours, vous êtes à la Une de ce journal-là ?
Ce journal a été créé par des transfuges du Pdci. Ils ont pris des mercenaires. Ils pensent qu’en intoxiquant le lectorat sur la personne du ministre Guikahué, ils peuvent atteindre leurs objectifs. Mais, ils se rendent compte que malgré tout ce qu’ils font, nous, on avance. Ils ont échoué sur le terrain. Ils voulaient voir le président Bédié allé au Rhdp. Ils ont échoué. On a gagné la victoire. Maintenant, comment faire pour décrédibiliser celui qui est le porte-parole, c’est tout.

Donc pour eux, vous êtes un homme à abattre ?
Non pas un homme à abattre, c’est un homme déjà abattu. C’est-à-dire que leur journal a été créé pour salir le secrétaire exécutif du Pdci-Rda. Donc, vous me donnez l’occasion de dire à nos militants que le journal Le Matin a été créé par Pdci Renaissance pour salir tous les matins, le ministre Guikahué qu’ils ne peuvent pas battre sur le terrain. Parce qu’on les a battus à plate couture, leur Rhdp dans nos rangs n’ira nulle part. Je reviens du terrain, ce n’est pas de la science-fiction, ce sont des réalités. Les 175 personnes qu’ils ont prises, ça s’arrête là. Aujourd’hui, des gens tapent à nos portes. Si aujourd’hui, le président Bédié ouvrait encore le Bureau politique, cette instance allait compter 4500 membres. Parce que si on considère toutes les demandes que j’ai en ce moment ça fait 4500 membres. Mais, c’est de façon volontaire que le président Bédié a fait une taille standard d’un Bureau politique, parce que c’est un organe de décision qui doit quand même avoir une taille raisonnable. Donc, les militants, les jeunes cadres, on en a plein. Donc, c’est peine perdu, ils peuvent continuer de salir les pages de leur journal, mais ça n’aura aucun impact sur moi. Au contraire, plus, ils me critiquent plus je prends du poids et plus, je suis réconforté. Parce que, s’ils écrivaient que je travaille bien, c’est que je ne travaille pas bien. Parce que je suis leur adversaire N°1. On ne peut pas encenser un adversaire. On ne peut que le décrire de façon négative. Donc, plus ils me décrivent de façon négative, plus je travaille mieux.

Quand on regarde la composition de ce journal, ce sont deux éléments forts du Nouveau Réveil avec qui vous avez dû échangés par le passé en aparté. Ne craignez-vous pas qu’ils publient certaines confidences ?
Quelle confidence ? Moi, je suis transparent. Mon « devant, mon derrière », c’est la même chose. S’ils avaient des confidences, ils les auraient déjà publiées puisque cela fait un bon moment qu’ils sont sur le marché. Quelles confidences peuvent-ils publier, je ne suis pas un homme d’intrigues. Ce que je pense, je le dis, ce que je n’ai pas dit c’est que je ne le pense pas. Il y en a qui avait dit que Guikahué avait des plans B. Eux-mêmes sont arrivés maintenant au plan F. Moi, je suis toujours-là. En fait, c’est dommage que ces jeunes gens qu’on connait se soient transformés en mercenaires de la plume. C’est dommage. Mais ce que je peux leur conseiller, ils n’ont qu’à faire attention, parce qu’il ne faut jamais insulter l’avenir.

Pouvez-vous nous dire un mot sur l’agenda du président Bédié en France ?
Vous avez vu qu’il a reçu Soro, il a parlé sur France24, hier à 19h. Il travaille jusqu’à ce qu’il revienne en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas de problème.

Interviendra-t-il en direct pendant le meeting de samedi ?
Non, le président Bédié, on l’a réservé pour le 19 octobre à Yamoussoukro. Pour ce meeting, c’est nous. On va faire une mise en forme des stars américaines. Lui, c’est le lourd. Donc c’est le 19 octobre, donc on le préserve.

Des militants s’interrogent. Quand il rentre au pays ?
Il va revenir. En 2018, il n’a pas bougé. Déjà en 2017, c’était difficile. Il n’a pas trop bougé. Donc, en 2019, il est parti se reposer un peu. Il va revenir très bientôt. Son retour est proche. Je vous appellerai pour vous dire quand est ce qu’il revient.

Quel est votre message à l’endroit des militants en ce qui concerne le meeting de samedi 14 septembre?
Je profite de l’interview pour dire à nos militants et aux militants du Fpi de s’encourager. Le fait qu’on nous ait refusé le stade Champroux ne doit pas nous décourager. Bien au contraire, c’est maintenant qu’on doit être plus nombreux. Quel que soit le lieu qu’on va choisir aujourd’hui, il faut que ce lieu-là soit rempli. A Abidjan, quand on dit Pdci/Fpi, vraiment on ne devrait pas faire de grands efforts surtout que c’est un meeting important. C’est notre premier meeting, c’est un meeting fondateur, il doit être populaire. Donc, il doit y avoir du monde. On doit être nombreux et on doit délivrer des messages de qualité. C’est garanti que tout le monde vienne : Pdci, Fpi, qu’on soit dans la plateforme Eds, même qu’on soit au-delà, c’est-à-dire société civile, simple ivoirien, venez écouter ce qu’on va dire. Venez parce que la télévision va nous censurer. Donc venez pour être les témoins privilégiés pour ne pas qu’on vous raconte les choses après. Tous les Ivoiriens sont invités.
Propos recueillis par Gilles Richard Omael et D. Sory

Lire la suite