La 183e Session du Secrétariat exécutif du PDCI-RDA s’est tenue ce mardi 26 octobre 2021 sous la présidence du Chef dudit secrétariat, Pr Maurice Kakou Guikahué. Dans cet entretien, le N°2 du parti d’Henri Konan Bédié fait le bilan des 75 ans du PDCI et parle du parti de Laurent Gbagbo, le PPA-CI.

Monsieur le secrétaire exécutif en chef, vous venez de présider la 183ème session. Quels sont les sujets qui ont été débattus ?

Nous sortons de six mois d’intenses activités entrant dans le cadre des festivités des 75 ans du Pdci-Rda. Naturellement, le secrétariat exécutif d’aujourd’hui s’est appesanti sur le bilan de ces activités.

D’abord, le bilan de la cérémonie d’ouverture, les prières œcuméniques à la mosquée, dans les églises et temples. Ensuite, nous avons dressé le bilan des journées de solidarité où les militants du parti organisés par groupes ou de façon individuelle ou par délégation ont contribué.

Il y a eu des dons en numéraires d’une valeur de 60 millions de Fcfa et beaucoup de vivres d’une valeur de 12 millions et cela a permis au Pdci d’aider au moins 500 personnes, les prisonniers, les blessés et les parents des personnes décédées.

Egalement, nous avons fait le point des séminaires éclatés qui se sont déroulés dans toutes nos bases, à l’extérieur du pays comme en Côte d’Ivoire. Et sur 351 délégations, il n’y a que 30 délégations qui n’ont pas pu faire les séminaires. Nous avons connu des décès de délégués dans la période. On ne peut relever ici toutes les raisons, mais c’est factuel, c’est un constat, ils n’ont pas fait le séminaire. Ça fait à peu près moins de 10%, ceux qui n’ont pas fait le séminaire.

Au niveau de la participation, ces séminaires ont embrasé un peu toute la base, des simples militants aux secrétaires de section, aux Grand Conseil, aux membres du Bureau politique, aux délégués, aux membres du Comité des sages et même des vice-présidents ont encadré les militants.

Nous voulons leur dire merci et cela a été financé sur fonds propres des délégués. La direction du parti n’a fait aucun apport au niveau de ces séminaires. Du 10 mai jusqu’au 31 juillet 2021, nous avons eu les restitutions dans toutes les bases. Que ce soit à l’extérieur, comme ici en Côte d’Ivoire. Nous leur disons encore merci, félicitations. Et nous leur transmettons les félicitations du président Henri Konan Bédié.

Nous avons mis en place un Comité de synthèse nationale présidé par le vice-président Ezan Akélé. Il a fait un travail formidable qui a réussi à faire la synthèse des propositions de toute la base.

Nous avons d’abord procédé par délégation qui ont fait la synthèse départementale, ensuite la synthèse par zone et ce sont ces synthèses qui sont arrivées au niveau national. Mais tout en tenant compte des synthèses des départements. Quand il y avait une question qui n’était pas bien tranchée, nous allions au fond des réponses des départements pour savoir ce que chaque département a dit. C’est la raison pour laquelle, ce travail de synthèse a pris presqu’un mois et nous allons remettre le document au président et c’est ce document qui a fait l’objet du colloque qui est la dernière activité que nous avons organisée et que nous venons de clôturer.

Il y a eu 8 ateliers avec des thèmes divers. Les 7 premiers ateliers traitaient des recommandations et propositions de la base et le 8ème est un atelier théorique sur Henri Konan Bédié, l’homme, son combat, sa valeur.

Et nous avons fait le rapport général et le colloque a décidé que le thème relatif au président Henri Konan Bédié soit poursuivi. Donc, le secrétariat s’en est saisi et dans les jours qui viennent, nous allons étoffer cet atelier pour en faire un grand groupe d’études sur le président Bédié. Nous allons prendre des historiens, des économistes, des politiques pures, des personnes de la génération du président Bédié parce que nous ambitionnons de faire un film sur la vie du président Bédié et de sortir un livre sur le président Bédié, son combat. Parce que depuis le départ du père fondateur, cela va faire bientôt 35 ans, il a tenu le Pdci. Nous avons traversé beaucoup d’épreuves, il a toujours été présent. Sa résilience doit être enseignée dans les écoles pour que les uns et les autres ne soient pas facilement débauchés.

Nous avons aussi parlé du Bureau politique, car prochainement, il y aura un Bureau politique. La date n’est pas encore fixée, mais le président envisage de tenir ce Bureau politique au mois de décembre. Le mois de novembre sera donc l’occasion pour les membres du Bureau politique et du comité des sages qui ne l’auraient pas encore fait, de régulariser leur situation en s’acquittant de leurs cotisations d’autant plus que vous l’avez vu vous-même, nous avons ciblé 300 personnes pour le colloque. Il y a 220 personnes qui ont payé pour participer au colloque. Donc, nous avions des équipes entre 25 et 30 personnes et ça a été de très bons ateliers parce que le nombre n’était pas pléthorique et les discussions ont été franches, parce que pendant un jour et demi, nous n’avons fait que des ateliers. Donc les discussions ont été approfondies et nous avons pris la journée du dimanche 17 octobre pour faire les plénières, pour adopter tous les rapports d’ateliers et le rapport général qui sont remis au président du parti.

Le secrétariat a pris acte de ce que le président du parti a dit. Dans son discours de clôture, il a rappelé les 4 structures qu’il avait créées : le Comité politique, le Comité de gestion des élections, le Comité de mobilisation de ressources et l’Institut de formation politique.

A cela, il ajoute une Cellule de communication que nous avons vraiment applaudie parce que nous sommes d’accord que la communication est le maillon faible du Pdci-Rda. On va y remédier, mais également, le président met en place une sorte de Conseil économique et social qui est le Comité de développement durable qui va s’occuper des questions économiques, sociales, culturelles, environnementales.

Voyez-vous aujourd’hui, l’économie verte, c’est important, le réchauffement climatique, c’est important. Ainsi que les indices de développement humain. Donc, c’est un Comité qui est vraiment attendu. Le Pdci regorge de beaucoup de cadres de haut niveau.

Ensuite, il avait décidé dans la semaine de nommer un Conseiller spécial chargé de la réconciliation. Il l’a fait, en la personne du vice-président secrétaire exécutif, Noel Akossi Bendjo. Ce qui nous a réjouis et le secrétariat exécutif a dit merci au président et a montré sa fierté que ce soit parmi ses membres que le président ait choisi son Conseiller chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale.

Cependant, les militants certainement s’interrogent. Quelle suite la direction du parti donnera aux recommandations du colloque ?

Le président l’a dit. Il a dit que dans les prochaines semaines quand vous m’aurez remis les conclusions du colloque, voici les actes que je vais poser. Donc, nous avons mis en place un comité de lecture. Parce qu’après l’adoption de tous ces documents, il faut les relire à tête reposée. Rien n’a été changé dans ce qui a été adopté sauf la correction de quelques coquilles et fautes d’orthographe. Tout est prêt et d’ici jeudi (28 octobre), ces documents seront remis au président qui va les utiliser.

Et à la clôture du colloque, le président a annoncé un calendrier. Il a parlé d’un Bureau politique qui va proposer le 13ème congrès qui va se tenir en 2022. Donc, tout est balisé. Le secrétariat exécutif qui est la structure d’exécution des instructions du président du parti a deux missions. Réussir le Bureau politique prochain et au-delà, aider le président à organiser un 13ème congrès populaire au cours duquel nous allons plébisciter le président Henri Konan Bédié.

Ce Bureau politique sera-t-il ouvert cette fois-ci ?

Le Bureau politique, ça dépend du président. Mais, il est toujours ouvert aux membres du Comité des sages. Je vous comprends. La dernière fois au mois de juin, on avait restreint les membres parce qu’il y avait le Covid. Mais aujourd’hui, les gens font des regroupements de 1600 personnes, des congrès, donc, on a plus de contraintes. Nous n’avons plus de contraintes. Donc tous les membres du Bureau politique à jour de leurs cotisations participeront au prochain Bureau politique.

En attendant le réaménagement comme annoncé par le président Bédié, le secrétariat exécutif est-il en vacances ?

Si vous avez suivi le discours du président, en créant le Comité économique ou le Comité de développement durable, il y a certains aspects. En fait le secrétariat a des fonctions régaliennes, c’est-à-dire des fonctions qui agissent sur les militants. Et puis, à un moment donné, on avait dit que tous les ministres devaient être membres du secrétariat avant que nous quittions le Rhdp qu’on a voulu transformer en parti unifié. C’est ça l’historique. Les ministres venant aux sessions, on a créé des postes nationaux qui n’ont rien à voir avec la gestion pure des militants et ça a évolué. Donc, en créant un comité de développement durable, on va reprendre un certains nombres d’éléments. Ça veut dire qu’il y a des postes dans le secrétariat qui ne vont plus exister et on va revenir à l’orthodoxie du secrétariat avec des postes en plein sur la gestion des militants. C’est ce qui est réaménagement. Donc, on attend dans les jours qui viennent que le président réaménage le secrétariat. Il va le faire.

Le président Gbagbo vient de créer un nouveau parti, quel est votre sentiment et est-ce que le président Bédié va rempiler au nouveau congrès ?

Mais, moi je dis que le président Bédié est mon candidat. Et en général quand je suis dans quelque chose, ça marche. En ce qui concerne le parti du président Gbagbo, il l’a créé. Nous avons une plateforme de collaboration avec EDS et les pro-Gbagbo. Gbagbo vient de créer son parti, on les laisse s’assoir et on verra ce qu’on peut faire ensemble.  Il ne faut pas aller vite en besogne. Avant, ils étaient un mouvement : EDS. Maintenant, ils sont un parti politique comme nous. Donc dans les jours qui viennent, on verra ce qu’on fait.

Dans quel était d’esprit est le président Bédié par rapport à la présidence du parti au prochain congrès. Avez-vous échangé sur la question ?

En fait, la tradition au Pdci. Vous me faites aborder des questions que je ne souhaitais pas aborder comme si je donnais des conseils à certaines personnes. Le Pdci a une tradition, on sait comment on devient candidat. Donc, on va respecter cette tradition pour choisir notre prochain candidat pour le 13ème congrès.

Vous voulez dire que c’est important pour le Pdci de garder le président Bédié comme président du parti ?

J’ai déjà répondu.

Propos recueillis par Gilles Richard OMAEL et DS