L’ex-maire de la Commune du Plateau, Noël Akossi Bendjo, vice-président du PDCI-RDA et secrétaire exécutif en charge de l’organisation et de la mobilisation du parti doyen des partis politiques de Côte d’Ivoire, exilé en France depuis 2018, est rentré au pays, ce samedi 3 juillet 2021.

Accueilli à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan par une délégation restreinte de la direction du PDCI conduite par son secrétaire exécutif en chef, Pr Maurice Kakou Guikahué, représentant le président Henri Konan Bédié, président du parti, Noël Akossi Bendjo est allé directement au siège dudit parti à Cocody où l’attendaient plusieurs milliers de cadres et militants de son parti, dans une salle de l’auditorium du Bureau politique pleine à craquer et sous les bâches dressées pour l’occasion dans la cours. Akossi Bendjo a pris un véritable bain de foule avant d’entrer dans la salle sur-animée avec des cris, des chants et des danses.

Il est revenu à Kamagaté Brahima, Secrétaire exécutif en charge de la jeunesse, président du Comité d’organisation de la cérémonie d’accueil, d’ouvrir les allocutions. Il a d’abord révélé, comment successivement le chef du Secrétariat du PDCI, Pr Maurice Kakou Guikahué, a, au cours des journées de solidarité, en présence du président Bédié, et au cours de la 177e session du secrétariat exécutif, annoncé la bonne nouvelle du retour du maire, vice-président du parti, Noël Akossi Bendjo, ce samedi 3 juillet. Puis il a dit continué pour dire comment les militants ont été officiellement informés par communiqué du parti dans les journaux. Communiqué qui demandait aux militants de réserver un accueil chaleureux au vice-président Akossi Bendjo. «C’est le cadre de notre rencontre de ce jour», a-t-il planté le décor.

A sa suite, le Député-Maire de Brobo, Kouamé Yao Séraphin, Secrétaire Exécutif chargé des Études et de la Prospective, Porte-parole du PDCI-RDA, a procédé à la demande traditionnelle des nouvelles au vice-président et son épouse, à la délégation des Ivoiriens de France qui l’accompagnait.

Le porte-parole du PDCI dira : «(…) En votre nom et avec votre autorisation, je voudrais sacrifier à la tradition en souhaitant la bienvenue, en disant AKWABA, à notre vice-président, le SE chargé de l’organisation et de la mobilisation, Son Édile, le maire Noël Charles Akossi Bendjo.»

S’adressant à l’ex-exilé, Séraphin Kouamé a ajouté: «M. le Vice-président, voici environ trois ans que vous avez été contraint de quitter terre patrie, votre terre natale, et de vous exiler en France, depuis le Maroc. Aujourd’hui, Dieu le Père, Dieu l’Omniscient et l’Omnipotent, permet que vous soyez parmi nous exauçant ainsi les prières incessantes et intercessions de vos familles biologique et politique et de tous ceux qui aiment réellement la paix et se battent sincèrement pour la démocratie, les droits de l’homme et les libertés publiques en Côte d’Ivoire.»

Il a, ensuite, donné les sentiments animaient les nombreux militants du parti qui, selon lui, «reconnaissant de tous ceux dont les actes et actions ont permis ce moment tant attendu, j’allais dire glorieux et ce jour heureux, le PDCI-RDA se réjouit de votre retour en grâce. Notre allégresse est au-delà de la liesse à laquelle vous assistez. Car, derrière ces trois milliers de personnes, ce sont des milliards d’Ivoiriennes, d’Ivoiriens, et d’amis vrais de la Côte d’Ivoire qui communient avec vous, vos parents, votre épouse et vos enfants, ce soir.»

Le porte-parole du PDCI conclura son propos en disant que «c’est pourquoi, même si le parfum des nouvelles sent bon depuis que nous avons appris votre retour, nous souhaitons le sentir (le parfum) et les entendre (les nouvelles) de vous et par vous-même. Car, comme vous le savez et comme l’enseigne le sage à travers son proverbe, l’eau fraîche vient de la bouche du poisson. Monsieur le Vice-président, votre parti, notre vieux et grand parti, par ma modestes voix et mes faibles mots, vous demande les nouvelles.»

A cette demande de nouvelles, a répondu en premier, Basile Yao, ancien délégué du PDCI en France, membre du Bureau politique, que l’exilé appelait affectueusement «mon tuteur». Ce dernier a révélé la vie d’exilé de Noël Akossi Bendjo qui, selon lui, a réussi à s’intégrer dans la vie du parti en France.

Après le « tuteur », le « protégé » de Basile Yao et l’ex-exilé, s’est adressé aux nombreux militants et à la Côte d’Ivoire entière.

Pour éviter tout commentaire déplacé, nous vous proposons, ci-dessous, son intervention intégrale.

REMERCIEMENTS                                                                                                                                      

«(…) Juillet 2018-juillet 2021, 3 longues années. Eloignés, mon épouse et moi, de notre pays, de notre famille biologique, de notre famille politique que nous avons construit ensemble. Mais surtout, de notre maison commune, la maison du parti qui nous ouvre aujourd’hui grandement ses portes pour célébrer avec vous et avec tant de chaleur notre retour. Nos retrouvailles. Merci.

Croyant que nous sommes, nous savons que le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Et que les épreuves que Dieu met sur notre chemin servent à élever notre sagesse afin de mieux accomplir les missions qu’il nous confie. Que sa volonté soit faite et que toute la gloire soit rendue à Dieu qui fait tout bien à son temps.

Qu’il me soit permis, à ce stade de mon intervention, d’exprimer toute ma reconnaissance au président Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, pour son soutien et ses efforts inlassables pour notre retour, et le prier de transmettre nos sincères remerciements au président Alassane Ouattara pour avoir engagé le dialogue qui permet la libération des prisonniers et le retour des exilés.

Mais, prions ensemble le seigneur de continuer à les inspirer afin de poursuivre le processus de décrispation qu’ils ont engagé. En vue de la réconciliation totale des fils et des filles de notre pays. Mais, réconciliation incontournable, si nous voulons reprendre le chemin de la construction de la nation ivoirienne telle que voulue par le père-fondateur, le président Félix Houphouët-Boigny.

AUX MILITANTS ET MILITANTES DU PDCI

Le retour auprès de vous, après tant d’années d’absence, les mots me manquent pour décrire la joie qui m’anime. Face à la grande et chaleureuse mobilisation, ce jour. Une mobilisation qui confirme que le PDCI-RDA est toujours debout, et que le PDCI vivra, vivra, vivra. Cette vivacité, vous me l’avez insufflée par vos messages de soutien, vos prières, votre affection durant toutes ces années d’exil. Soyez en infiniment remerciés. Que le Dieu de bonté, lui-même, vous le rende en grâce et en bénédiction.

AUX PARENTS, AMIS ET CONNAISSANCES

A tous les amis et connaissances qui se sont associés aux membres de ma famille pour l’accueil réservé à mon épouse et moi, je voudrais traduire nos remerciements pour ce grand honneur accordé à nos modestes personnes, mon épouse et moi-même.

Je voudrais prier le doyen N’koumo et Ahouné, les populations et le chef de mon village d’Abobodoumé, les populations de la commune du Plateau de se joindre à moi pour dire un grand merci à vous tous et à vous toutes. Nanci, nanci brobéhé (langue ébrié), aux membres des délégations de ma génération Dougbôh et les chefs Tchaba représentant les 64 villages Atchans.

Je voudrais dire enfin à tous les hommes de Dieu qui prient pour la Côte d’Ivoire, car leurs prières ont contribué à protéger notre pays. Nous les exhortons à demeurer en unions de prières avec l’ensemble des Ivoiriens pour notre nation qui a impérativement besoin réconciliation et de paix définitives.

A L’ENDROIT DES VICTIMES DES CRISES IVOIRIENNES

A présent, nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de tous nos morts des différentes crises. Nous traduisons également notre compassion aux blessés et apportons notre réconfort aux familles affectées par ces douloureux événements.

Mais, la sagesse nous impose de tirer les leçons des drames que nous avons vécus durant toutes ces années si nous voulons changer notre destin commun, car, nous savons tous par expérience qu’on ne peut pas sortir d’une guerre sans haïr la guerre, on ne peut pas sortir de prison ou d’exil comme on y entre. On ne peut pas changer le monde si on ne se change pas soi-même.

AKOSSI BENDJO, UN HOMME NOUVEAU

C’est pour cela que Mandela disait et je cite : «Je suis sorti de 27 années de prison en y laissant la haine, la vengeance et tous les mauvais sentiments.»

Mais, pour paraphraser Mandela, je vous dis tout simplement que je suis rentré d’exil sans haine, ni ressentiment, ni vengeance. Je suis rentré avec amour, tolérance, esprit de paix, de réconciliation et de pardon. Nous devons tous et toutes à présent mettre de côté nos velléités partisanes qui ne servent que nos intérêts égoïstes en désarmant nos plumes, en désarmant nos langues, en désarmant nos cœurs.

Aujourd’hui, face au défi sanitaire : la Covid-19. Et au défi sécuritaire : le terrorisme. Nous n’avons qu’une seule arme: Notre unité. C’est la seule arme qui nous sauvera.

Plus que jamais, les Ivoiriens et les Ivoiriennes ont besoin de cohésion, de réconciliation, de paix pour espérer vivre dignement. Cela ne peut se faire si nous ne sommes pas tolérants.  Ça ne peut pas se faire, si nous ne savons pas pardonner. Ça ne peut pas se faire si nous n’apprenons pas à nous aimer malgré nos imperfections et nos différences. Cela ne peut se faire, surtout, sans sacrifice. Sans sacrifices.

Nous avons accepté, mon épouse et moi-même, de faire des sacrifices pour notre pays. Surtout, pour notre parti.

Oui, nous devons nous relever, pour relever ce défi, accepter de faire des sacrifices individuellement et collectivement afin de réussir cette réconciliation vraie pour une paix durable si indispensable à la poursuite de la construction de notre nation.

Et c’est pour cela qu’il faut saluer et soutenir la volonté de dialogue de nos leaders et les encourager à poser chaque jour davantage des actes concrets de consolidation de l’union et la cohésion des enfants de ce pays.

RECONCILIATION : ROLE DU PDCI, DOYEN DES PARTIS POLITIQUES

Il est de notoriété, dans chacun de nos villages, que la responsabilité de maintien de la cohésion et de l’unité incombe au doyen d’âge qui s’implique sans réserve, sans relâche dans cette quête. De même, notre grand parti est le doyen des partis politiques en Côte d’Ivoire. Qui fête ses 75 ans, ce parti a bien intégré cette responsabilité. Et c’est à juste titre que le président Bédié ne cesse d’appeler au dialogue inclusif qui aura l’avantage de traiter en profondeur et avec efficacité tous les maux qui minent notre société.

Cette unité nationale recherchée commence par l’unité au sein de tous les partis politiques, qu’il soit de gauche, du centre ou de droite. Mais surtout, l’unité au sein du PDCI-RDA doit être notre première priorité. Si nous voulons donner l’exemple à la Côte d’Ivoire entière, nous devons commencer par nous unir et éviter de nous diviser pour des positionnements qui ne nous font pas avancer.

L’UNITE, L’ARME POUR RELEVER TOUS LES DEFIS

Enfin, pour finir, foncièrement croyant, je dis c’est uni que nous ferons germer la graine de l’espérance semée par nos lointains précurseurs qui sont partis, qui nous ont devancés dont les photos sont autour dans cette salle.

Unie, la Côte d’Ivoire s’est montrée toujours plus forte, performante et conquérante. Et son peuple s’est toujours révélé capable du meilleur pour l’Afrique et pour le monde. Et c’est sur ces mots d’espoir que je dirai vive le PDCI-RDA, rassemblé et debout comme un seul homme, pour que vive la Côte d’Ivoire unie, réconciliée et prospère.

Je vous remercie pour votre aimable attention.»

Cette intervention du vice-président rentré d’exil a mis fin à la cérémonie d’accueil et il a été raccompagné à son domicile par Guikahué et des membres de la direction.

Propos recueillis et retranscrits par Gilles Richard OMAEL