Une mission du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) était à Yopougon, ce samedi 6 février 2021. Cette mission, dite «Tournée d’information, d’explication et de sensibilisation du PDCI-RDA», était conduite par le Secrétaire exécutif en charge de la jeunesse, Kamagaté Brahima qu’accompagnaient les secrétaires exécutifs Aminata N’diaye et Bogui Ziriho. C’était au quartier Groupement foncier-ancien Bel Air, au QG de feu Doukouré Moustapha. Quatre thèmes étaient au menu de la rencontre avec le personnel politique de cette grande commune qui compte six délégations : «1-De la désobéissance civile : quel bilan ? 2-Pourquoi participer aux élections législatives du 6 mars 2021; 3-Comment aller aux législatives du 6 mars 2021; 4-Combats futurs à l’Assemblée nationale».

Après l’allocution de bienvenue prononcée par la déléguée Euphrasie N’guessan, de Yopougon centre, le chef de la mission, Kamagaté Brahima a planté le décor de la rencontre.

«L’année 2020 a été une année particulièrement éprouvante pour la Côte d’Ivoire en raison d’une part de la pandémie mondiale liée au nouveau coronavirus et d’autre part de l’obstination de Monsieur Alassane Ouattara à se maintenir à tout prix au pouvoir en violation de la Constitution Ivoirienne qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Cette volonté manifeste de violer la Loi Fondamentale et la détermination du pouvoir RHDP à organiser à son seul profit l’élection présidentielle, ont amené le Président Henri Konan Bédié, en sa qualité de Président de la Coalition de l’Opposition Ivoirienne à lancer le 20 septembre 2020 le mot d’ordre de désobéissance civile.

En réponse à cet appel pour exprimer leur aspiration légitime à plus de démocratie, les populations ivoiriennes ont déclenché des manifestations pacifiques sur l’ensemble du territoire national Mais dans sa volonté de soumettre le peuple ivoirien à une dictature inouïe, Monsieur Alassane Ouattara a lancé contre lui ses hordes de miliciens qui ont semé la terreur, la désolation et la mort dans les rangs de nos militants de Daoukro Dabou, Bonoua, Divo, Issia, Oumé, Gagnoa, Bongouanou, Akoupé, Toumodi, Yamoussoukro, Elibou, Sikensi, M’Batto, etc.

Malgré toute la violence et les crimes commis, le peuple ivoirien s’est mobilisé massivement pour boycotter l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. En conséquence, le taux de participation des votants s’est réduit à 8%. Ce taux de participation a été reconnu et confirmé par la presse internationale en parfaite conformité avec les rapports des ONG, des fondations locales et internationales, notamment INDIGO et la fondation Carter. Il démontre ainsi l’illégitimité du régime RHDP qui a perdu la confiance du peuple. Monsieur Alassane Ouattara demeure aujourd’hui, un président illégal et illégitime», a rappelé le ‘’ministre’’ de la jeunesse du PDCI-RDA avant de passer la parole au Secrétaire exécutif Bogui Ziriho pour le premier thème.

Bogui Ziriho, après avoir égrené le chapelet des actions et des faits marquants, a défini le concept de désobéissance civile qui «est une arme démocratique de combat pacifique».

Il s’est réjoui de la réussite de la désobéissance civile et félicité les militants pour avoir respecté le mot d’ordre lancé par le Président Henri Konan Bédié. «C’est le lieu de féliciter les militantes et militants du PDCI-RDA avec à leur tête le Président Henri Konan Bédié Président du PDCI-RDA, qui n’ont ménagé aucun effort pour la mobilisation totale des citoyens contre la forfaiture du régime Ouattara et qui ont apporté assistance aux victimes de sa barbarie. La désobéissance civile loin d’être l’organisation d’un coup d’état comme le prétendent les tenants du pouvoir est un outil de la démocratie Au grand dam du régime RHDP elle est aujourd’hui capitalisée par le peuple comme instrument de lutte démocratique pour faire échec à toute usurpation du pourvoir. La désobéissance civile lancée par l’opposition ivoirienne qui s’est poursuivie par le boycott des élections présidentielles du 31 octobre 2020 a été un grand succès eu égard à la grande majorité des voies (92%) qui ne s’est pas reconnue dans cette parodie d’élection présidentielle», a-t-conclu ses propos.

Pour le second thème, à savoir : «Pourquoi participer aux élections législatives du 6 mars 2021», il est revenu au chef de la mission, Kamagaté Brahima d’entretenir les militants venus nombreux.

Selon lui, «en dépit de toutes les controverses sur le processus électoral qui s’est déroulé en Côte d’ivoire Monsieur Alassane Ouattara a tout fait pour se maintenir au pouvoir après le 31 octobre 2020. Par un système de corruption active, il a fait adhérer une bonne frange de la communauté internationale à sa cause, malgré toutes les atrocités commises qui auraient pu, ailleurs dans le monde occidental, susciter une indignation générale et de fortes condamnations.»

Et d’ajouter qu’«au-delà de tous ses soutiens le pouvoir Ouattara aura du mal a se légitimer aux yeux de nos concitoyens et des organisations indépendantes de défense des droits de l’homme et des peuples.»

Il poursuit pour donner les raisons qui militent en faveur d’une participation de l’ensemble des partis politiques de l’opposition.

«Cette prise de position commune a été dictée par une consultation des acteurs clés de notre parti, députés, maires, délégués départementaux et communaux, femmes de l’UFPDCIet jeunes de la JPDCI. Les raisons essentielles de cette prise de position sont légales et politiques», affirme-t-il avant de donner les raisons :

En effet, selon lui, «en Cote d’ivoire la Constitution institue trois Pouvoirs séparés et indépendants le Pouvoir exécutif le Pouvoir législatif et le Pouvoir judiciaire La violation de la Constitution au niveau du Pouvoir exécutif par le Chef de l’Etat empêche pas la mise en place d’un Pouvoir législatif. Les législatives sont une nouvelle chance pour le PDCI-RDA et les autres partis de l’opposition. Notre présence dans l’hémicycle évitera à notre pays le risque par exemple d’une révision unilatérale et le tripatouillage de la Constitution».

Il continue pour dire que «la participation aux élections législatives a venir du PDCI RDA et de tous les autres partis de l’opposition fait partie intégrante de la lutte contre le 3éme mandat illégal et illégitime du Président Ouattara. Une victoire qui permettra le contrôle du Pouvoir législatif par le PDCI-RDA et l’opposition traduira dans les faits la majorité sociologique que représente dans l’électorat l’ensemble de l’opposition ivoirienne. La non participation de l’ensemble de l’opposition aux élections législatives à venir n’empêchera pas certains cadres du PDCI-RDA et d’autres partis de l’opposition d’y participer en qualité de candidats indépendants pour des raisons liées à leur carrière politique. D’autres, en revanche, pourront se faire parrainer par le RHDP directement ou indirectement, pour légitimer le scrutin»

Toujours selon le S.E Kamagaté, «l’absence de l’opposition aux élections législatives n’est pas un gago de non validation dudit scrutin Le cas du Benin est un exemple connu de tous. Sans se faire d’illusion sur la volonté de M. Ouattara d’aller à la réconciliation, l’opposition doit toutefois avoir une garde vigilante sur les exigences, qui, même si elles ne peuvent être satisfaites lors de présentes élections législatives, doivent demeurer la ligne de mire parce qu’elles constituent le ciment de toutes les composantes de cette opposition :

1)- la recomposition de la Commission Electorale, conformément aux arréts de la CADHP à savoir le PDCI-RDA et tous les partis politiques do l’opposition doivent intégrer la CEI centrale et les CEI locales;

2) l’audit du fichier électoral;

3) la révision du découpage électoral législatif;

4) la libération des prisonniers politiques;

5) la cessation des poursuites et interpellations des cadres de l’opposition

6) l’ouverture d’un vrai dialogue national;

7) le retour des exilés politiques.»

Le responsable de la jeunesse du PDCI-RDA conclut comme suit : «Malgré toutes les embuches, malgré les risques évidents qu’encourent les candidats et les électeurs, il faut prendre part à ces joutes électorales. Il faut les gagner en déployant toutes les ingéniosités.»

La Secrétaire exécutif en charge des ONG, des syndicats et des mouvements de soutien au PDCI-RDA, Aminata N’diaye succède à Kamagaté au pupitre, pour se prononcer sur : «Comment aller aux législatives du 6 mars 2021»

Pour elle, «de toutes les consultations ou ont eu lieu un consensus s est dégage sur la nécessité pour toute l’opposition d’aller à ces élections en rangs serres. En clair, il faut faire en sorte que sur une conscription donne deux membres de l’opposition ne sont pas adversaires face au candidat RHDP. En application de cette consigne, les deux principaux partis de l’opposition que sont le PDCI-RDA et EDS ont conduit le partage des circonscriptions électorales.»

Dans le bilan du partage, il ressort, selon elle, de ce rapprochement les résultats suivants : «82 circonscriptions avec 94 sièges bénéficiant d’un parrainage commun; 41 circonscriptions avec 48 sièges bénéficiant du parrainage unique du FOCI-RDA. Cela fait au total 123 circonscriptions sur 205 avec 142 sièges sur 255. Cette comptabilité ne tient pas compte des autres partis de l’opposition, notamment l’UDPCI. Avec un bon taux de réussite qui peut se situer autour de 80%, l’opposition est en passe d’obtenir la majorité  l’Assemblée Nationale.»

Puis Aminata N’diaye dévoilera la stratégie pour gagner. «Pour réussir, dira-t-elle, le challenge de la majorité à l’Assemblée Nationale a été décédé : de mener des actions urgentes notamment des tournées d’explication, d’information et de sensibilisation aussi bien au niveau de l’opposition qu’à celui du PDCI-RDA; examiner avec la plus grande attention la question de la sécurisation du scrutin par la création de comités de défenses des électeurs, du vote, des urnes et des résultats; d’avoir une communication efficiente à l’endroit des électeurs pour soutenir la campagne des différents candidats afin de mobiliser l’électorat en faveur de l’opposition; d’apporter un financement conséquent pour soutenir les candidats dans leur campagne et prendre en charge la sécurisation des bureaux de vote.»

Avant de rendre le crachoir, Mme N’diaye dira que «c’est dans l’unité d’action, soudés autour du doyen d’âge des délégués, Aké Eli étant comme le préfet de région de Yopougon, que vous allez remettre les pendules à l’heure. Chacun doit s’impliquer physiquement, matériellement et financièrement.»

Enfin pour le dernier thème : «Combats futurs à l’Assemblée nationale», c’est encore le S.E Bogui Ziriho qui a repris le microphone.

«L’enjeu de la conquête de la majorité à l’Assemblée Nationale est important dans la mesure où il permettra d’arracher au pouvoir de M. Alassane Ouattara sa volonté de brader la Côte d’Ivoire notre pays sur les questions nationales que sont : la maitrise de l’immigration; la question foncière; la question de la sécurité nationale; la question de l’orpaillage clandestin; la dérive de la corruption et de la gouvernance; la question du trafic de drogue; etc.», a révélé Bogui Ziriho avant d’ajouter que «d’autres questions d’ordre économique et social sont d’une acuité particulièrement préoccupante. On peut mentionner le problème du partage équitable de la richesse nationale et celui de l’aggravation de la pauvreté des populations. Ces questions cruciales ne peuvent trouver une solution durable dans le cadre de la politique ultralibérale du régime Ouattara qui ne privilégie que les performances en matière de taux de croissance.»

Avant de mettre fin à la cérémonie, le chef de la mission, Kamagaté Brahima a présenté les deux candidats du PDCI-RDA qui font liste commune avec FPI/EDS. Il s’agit de Dia Houphouët Yohou et Dr Euphrasie N’guessan.

«Il faut retenir que le régime Ouattara par ses miliciens (microbes dozos et encagoulés) est un régime extrêmement violent et sanguinaire qui vient de prendre en otage la Cote d’Ivoire et les Ivoiriens. Aller à la conquête du pouvoir législatif procède de la continuité du combat contre ce régime illégal et illégitime. Les Ivoiriennes et les Ivoiriens tétanisés attendent avec espoir leur délivrance. La lutte pour la libération totale de notre pays doit continuer pour l’avènement d’une réconciliation vraie et d’une paix durable», a conclu M. Kamagaté.

Gilles Richard OMAEL