Le Président Bédié aux plateformes AGIR et La Voix du Peuple: «Tant que nous ne sommes pas morts, la toux ne quitte pas la gorge»

Le président par intérim, Dr Patrice Saraka, de la plateforme La Voix du Peuple, plateforme dont le Cojep de Blé Goudé est membre, a conduit une forte délégation à la résidence abidjanaise du président du PDCI-RDA, président de la Coordination de la Coalition des plateformes de l’opposition, Henri Konan Bédié, mardi 24 novembre 2020. Il a également reçu la plateforme AGIR conduite par Dr Joseph Martial Ahipaud, le premier SG de la FESCI. Ces délégations étaient venues dire ‘’YAAKO’’ au chef de file de l’opposition et échanger avec lui sur l’avenir de la lutte qu’il mène à la tête de toute l’opposition ivoirienne.

Au cours des échanges, Patrice Saraka (Cojep, la Voix du peuple) dira, d’abord, au président Bédié: «Notre pays traverse et vit une crise morale. Les temps sont troubles. Lorsque les temps sont troubles, on se tourne vers le sage. C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers vous monsieur le président faisant de vous le président et coordonnateur des plateformes de toute l’opposition. A ce titre vous avez su porter notre voix. Et vous l’avez bien portée. C’est dans ce cadre qu’un blocus a été érigé devant votre résidence, vous privant de votre liberté d’aller et venir. Pendant que vous viviez cette épreuve, nous nous sommes inquiétés pour vous et votre famille».

Il ajoutera ensuite qu’«aujourd’hui, nous sommes ici pour vous témoigner notre solidarité et celle de notre leader Charles Blé Goudé. Yaako monsieur le président. Comme si cela ne suffisait pas, vos proches collaborateurs au sein du PDCI et des plateformes de l’opposition ont été arrêtés et jetés en prison. Nous pensons au porte-parole Pascal AFFI N’guessan, au SE Kakou Guikahué, N’dri Narcisse, votre directeur de Cabinet, et les autres. Nous comptons sur vous pour entamer les démarches pouvant aboutir à leur libération».

L’envoyé de Charles Blé Goudé définira, pour conclure, le sens de leur combat aux côtés du président Henri Konan Bédié.

«Monsieur le président, lorsque les temps sont troubles nous devons conjuguer et mutualiser nos efforts, dans l’intérêt supérieur de notre peuple et mettre de côté les intérêts singuliers de nos camps et de nos clans. Il n’est point question ici de confrontation idéologique ou de positionnement. Il s’agit de notre peuple et de la Côte d’Ivoire. Rassembler les filles et fils de la Côte d’Ivoire, pour bâtir avec eux une nation nouvelle autour de valeurs et de principes. Tel est notre combat», a-t-il dit.

Quant à Joseph Martial Ahipaud de la plateforme AGIR, il faut changer de méthode de lutte. Il s’est proposé d’en proposer une plus tactique.

En réponse, le président Henri Konan Bédié fera cette déclaration: «Je vous remercie du message ou des messages que vous transmettez de la part de mon jeune frère Charles Blé Goudé. Je vous remercie du soutien que vous m’apportez de la part de mon jeune frère Charles Blé Goudé et de toutes les plateformes qui forment l’ensemble réunit ici. Je vous remercie des paroles fortes que vous avez prononcées. Je vous remercie aussi de l’expression de votre compassion et de votre solidarité. Je vous remercie aussi du soutien que vous m’avez apporté dans la lutte que je mène à la tête de toute l’opposition ivoirienne. Nous avons entrepris de rompre le silence avec l’adversaire. D’aller à un dialogue franc et sincère. Mais comme vous le voyez, beaucoup de priorités doivent être respectées avant la poursuite de ce dialogue. C’est parce que ces priorités qui sont une vérité évidentes ne sont pas respectées que nous avons suspendu momentanément ce dialogue. A savoir en priorité la libération de tous les membres de l’opposition qui sont incarcérés injustement. Ils ont été raflés ici, à la suite d’une réunion, comme de vulgaires vagabonds. Nous exigeons leur libération voire leur mise en résidence surveillée en attendant que les procédures suivent de façon tout à fait légale et républicaine. Et non pas dans l’arbitraire.

Maintenant, il s’ajoute le fait que beaucoup de jeunes qui participent à notre combat commun sont quotidiennement raflés dans les villages, dans le centre, pour une destination inconnue. Tout cela s’ajoute naturellement aux conditions de la paix et aux conditions du dialogue. Je voudrais vous dire que le combat continue pour maintenir toujours la pression. Tant que nous ne sommes pas morts, la toux ne quitte pas la gorge. Tant qu’on marche, on ne cesse pas de balancer les bras. Je voudrais encore vous remercier pour votre participation au combat».

DIRCOM avec Gilles Richard OMAEL