La Présidente de l’Union des femmes urbaines du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Ufpdci urbaine), Sita Coulibaly (première femme ivoirienne ingénieur des travaux publics) parle. Dans cette interview, elle parle de l’enjeu de la candidature du président Henri Konan Bédié et de la victoire du PDCI-RDA.

Depuis un certain temps, on ne vous entend plus. Comment va donc l’Ufpdci urbaine ?

L’Ufpdci urbaine se porte bien, puisque depuis le 15 février jusqu’au 1er mars, nous avons fait des tournées que nous avions initiées depuis l’année dernière. Et la direction du parti a bien voulu nous permettre de faire cette tournée. Nous avons fait comprendre aux parents qu’il n’y avait que 118 points d’enrôlement. Nous avons tellement parlé de tout ça, qu’aujourd’hui, on s’est retrouvé avec plus de 10 000 points d’enrôlement. Ça veut dire que notre tournée a porté. Nous avons fait comprendre qu’au niveau de l’école ivoirienne, il y a 90 élèves dans une classe. Si votre fils est dixième, il a 10 de moyenne, vous croyez qu’il est très fort. Non, il faut revoir tout le système, suivre nos enfants pour qu’ils réussissent à l’école. Aujourd’hui, avec la COVID-19, nous en avons beaucoup souffert, parce que nous ne pouvons pas aller voir les parents à l’intérieur. On aurait voulu aller en France, nous requinquer pour revenir faire le vrai combat, nous n’avons pas pu. Et en même temps, on est entré dans le mois de jeûne et aujourd’hui, même si ça s’ouvre, pour Abidjan, ce n’est toujours pas ouvert.

Alors, on prie Dieu que tout cela se passe dans les normes, que nous soyons alertes et vigilants surtout pendant la convention où nous devons confirmer, en disant à tous que notre président, c’est le président Henri Konan Bédié. Parce que déjà en 2015, tout le monde disait que le Pdci-Rda gagnerait. Mais quand il a demandé, par discipline et par respect pour sa sagesse, à lui de changer d’option, nous avons tous suivi son mot d’ordre.

Aujourd’hui, nous nous rendons compte que les jeunes que nous avons mis devant, c’est eux qui nous ont trahis, ils sont partis ailleurs. Alors, nous disons que celui que le président Gbagbo peut écouter en parlant de la réconciliation, c’est bien Henri Konan Bédié. Les gens, pendant les élections municipales, ont vu que les autres de l’opposition nous avaient soutenus. Donc, aujourd’hui, nous sommes sûrs et convaincus qu’ils vont nous soutenir pour que le président Henri Konan Bédié revienne pour faire cette réconciliation, cette union au niveau de la Côte d’Ivoire, avant de laisser les jeunes monter puisque leurs ambitions égoïstes et leurs ambitions personnelles les aveuglent au point où nous sommes obligés de dire que c’est le président Bédié qui est le candidat idoine des femmes urbaines du Pdci-Rda.

Comment avez-vous maintenu la dynamique au sein des femmes de l’Ufpdci urbaine pendant toute cette période où les activités étaient en berne ?

Nous avons été en contact avec elles. Nous les appelions. Certaines de notre staff ont été très malades, on les avait soutenues, même si c’était à distance. Nous avons essayé de demander à des responsables politiques de nous soutenir pour que les femmes ne pensent pas qu’elles sont laissées-pour-compte. Elles aussi, elles ont fait le travail de mobilisation sur leur terrain et nous étions à distance pour voir tout cela, pour les guider.

Comment avez-vous conduit l’opération d’enrôlement ? Etes-vous satisfaites du travail que vous avez abattu, notamment au niveau des jeunes filles, nouvellement majeures ?

Nous avions, dans notre bureau des responsables chargées des Femmes, des jeunes filles. Nous leur avons dit de s’atteler à vraiment booster les jeunes filles, à entrer dans le système d’enrôlement. De dire qu’une voix, c’est une voix et que ce n’est que dans les urnes que nous pourrons faire la différence. Donc, nous avons souhaité que les femmes, elles-mêmes, prennent leur rôle au sérieux. Nous leur avons dit que si elles veulent que le Pdci gagne, le Pdci gagnera. Parce que comme on le dit ce que femme veut, Dieu le veut. Nous sommes convaincues que les femmes du Pdci-Rda nous ont comprise. Elles ont fait ce travail sans distinction et nous nous sommes dit que beaucoup de viandes ne gâtent pas la sauce. Que chacune, à son niveau, peut faire quelque chose. Mais tout en demandant à nos responsables politiques de faire en sorte que nous soyons au centre du débat.

Y a-t-il eu des dons de timbres ?

Oui, nous avons fait des dons. Nous avons fait des dons pour la fête des mères. Nous avons essayé de galvaniser nos femmes. Elles sont engagées et elles veulent que le Pdci revienne au pouvoir. 20 ans dans l’opposition, c’est trop.

Aujourd’hui, on parle de convention du Pdci-Rda. Comment avez-vous accueilli la candidature du président Henri Konan Bédié ?

Au risque de me répéter, je dis bien que le président Henri Konan Bédié a bien fait. Comme il nous a dit, c’est pour le salut public.Quand nous avons souhaité qu’il soit le candidat du Pdci-Rda, il a accepté de bon cœur. Nous souhaitons que la jeunesse qui croit connaitre des choses doit se remémorer que même les gens du Rdr d’alors, nous disaient que le président du parti était le PCA de la Côte d’Ivoire. Ça veut tout dire. Ça veut dire que c’est l’homme du moment. Si les jeunes n’étaient pas partis, on leur aurait fait appel. Ceux qui se sont enrichis sont partis. Ils nous ont laissés.

Aujourd’hui, vous croyez que moi, à mon âge, lequel des jeunes me prendrait quand il viendra ? Donc, je me dis que le travail que je fais, c’est vrai que nous n’avons pas fait encore le deuil du président Houphouët, mais au fait, c’est Houphouët qui a mis Bédié là. Est-ce que nous savons pourquoi ? Tout ce qui arrive, on sait que c’est la vérité et c’est vers ça qu’on tend. C’est le seul, quand il parle, les gens disent : ah Bon ! Donc, nous-mêmes, nous devons prendre cela au sérieux.

Le président Henri Konan Bédié, déjà en 2019, nous disait : écoutez, pour les cartes d’identité, allez jusqu’en 2021. Si aujourd’hui, après la réunion du gouvernement de mercredi dernier, on nous dit que c’est prorogé encore, nous disons que nous ne sommes pas à côté de la plaque. Nous sommes dans la vérité et la vérité triomphe toujours. C’est vrai que beaucoup diront qu’il est vieux. C’est ce qu’on nous dit. Mais, n’y a-t-il pas de jeunes pour faire le travail qu’on lui demande de faire ? Il est là pour les grandes décisions pour que la Côte d’Ivoire ne soit pas toujours en arrière. Tout le monde est en train de nous dépasser. Est-ce qu’on n’a pas cette ambition nationaliste de comprendre que nous devons remonter les bretelles pour pouvoir faire le travail ? Donc, je pense que Bédié est le meilleur choix.

L’âge ne peut donc pas être un handicap ?

Non, ça ne peut pas être un handicap. En Afrique, nous disons toujours que l’aîné, quand il a organisé une troupe et que la troupe déserte, il faut bien qu’il prenne l’initiative pour remobiliser d’autres et puis nous mettre dans la droite ligne. Et puis, il va nous laisser le pays en bon état.

Comment voyez-vous la convention à venir d’autant plus qu’on apprend qu’il y a une deuxième candidature en l’occurrence celle de KKB ?

Comme nous n’avons pas été saisies officiellement de cette candidature, nous ne pouvons pas dire que nous ne pouvons pas en tenir compte. Nous disons toujours que c’est ceux qui font beaucoup de bruits que les gens écoutent. C’est notre fils, il a travaillé pour nous. En 2013, j’étais sur la table de séance du congrès. Il est venu. Moi, je me pose la question aujourd’hui : lequel des aînés le pousse à ça ? Sinon, c’est lui-même, on retient qu’il est venu demander pardon et le président en a fait un conseiller spécial. Je pense qu’il y a du respect à avoir envers l’aîné, même si on est intelligent. J’aime parler souvent avec des métaphores. Si l’intelligence allait au marché, l’intelligence n’y trouverait personne. Parce que, nous tous, nous croyons que nous sommes intelligents. Donc, je ne ferai pas l’injure de lui parler autrement que de lui dire que dans l’union, nous allons sauver ce pays et c’est dans notre intérêt. 20 ans dans l’opposition, ce n’est pas indiqué pour le Pdci-Rda, parce que nous sommes le parti qui a fait de ce pays ce qu’il est. Quand vous voyez aujourd’hui, l’eau qui emporte tout, qu’est-ce qui se passe ? A-t-on fait des lotissements qui ne répondent plus ? Est-ce qu’on a arrêté les eaux ? Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter tant de grabuges ? C’est vrai qu’il y a des pluies décennales, des pluies diluviennes, mais est-ce que ça vaut la peine qu’Abidjan soit détruite à ce point ? Il y a beaucoup de questions à poser. Les jeunes, leur temps viendra.

Avez-vous un message à l’endroit des femmes ?

Le message, c’est qu’elles ne se fassent pas distraire. Qu’elles prennent les responsabilités qu’elles ont toujours prises à leur domicile, à l’extérieur pour nos enfants, pour nos maris, pour nos frères. Qu’elles les conseillent. Il faut qu’elles soient mobilisées. Je voudrais encore une fois leur dire merci pour leur mobilisation, pour leur intérêt pour le Pdci bien que le Pdci ne leur donne pas de moyens, elles sont toujours là. Je les remercie et je souhaite qu’elles continuent l’élan que le président nous a demandé pour qu’à la convention, nous arrivions à le plébisciter. Si on arrive à faire ça, le combat est gagné. Donc, je voudrais compter sur elles.

Interview réalisée par GRO et D.S.