Maurice Kakou Guikahué (SE en chef) livre des secrets de sa mission en Europe…(interview)

Maurice Kakou Guikahué (SE en chef) livre des secrets de sa mission en Europe…(interview)

De retour au pays, après plus de 3 semaines en Europe, Pr Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif en chef, a présidé la 148e Session du Secrétariat exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), mardi 11 février 2020. Il livre dans cette interview, des secrets de sa mission en Europe et contredit les rumeurs qui ont circulé en son absence.

M. le secrétaire exécutif en chef, vous sortez d’une réunion du secrétariat exécutif. Qu’est-ce qu’on peut retenir de cette rencontre ?

Nous avons parlé des préparatifs de la convention du Pdci-Rda avec le calendrier.  Nous avons également parlé de la tournée des responsables de la Jpdci et de l’Ufpdci dans nos bases avec les inspecteurs. Nous comptons beaucoup sur cette tournée. Nous avons également fait des échanges sur les activités déjà  menées pendant mon absence par mon intérimaire et j’ai donné aussi des informations sur les contacts  que j’ai pris à l’intérieur du pays. Nous avons aussi parlé des obsèques du doyen Aka Anghui.

 Vous étiez à l’extérieur du pays, est-ce qu’on peut savoir ce que vous avez fait lors de votre séjour en Europe ?

Je suis allé à l’extérieur du pays dans le cadre professionnel parce qu’il n’y a pas longtemps, j’étais le président du groupe de travail de cardiologie tropicale de la société tropicale de cardiologie. Pour la petite histoire, notre professeur,  le professeur Bertrand, a dirigé ce groupe pendant 40 ans. Il y a 4 ans, la société française m’a confié la responsabilité. Mais vu mes charges actuelles, j’ai demandé à être déchargé et c’est un Sénégalais qui a été choisi pour me remplacer. C’était la passation. Ce que nous avons fait. Mais ils n’ont pas voulu me lâcher, ils m’ont demandé de coordonner,  d’encadrer une étude sur la fonction du myocarde  parce qu’on se rend compte qu’il y a des femmes, quand elles tombent enceinte après l’accouchement, elles ont une insuffisance cardiaque. Est-ce qu’elle avait une maladie méconnue aggravée par la grossesse. Donc nous avons initié une étude sur les femmes africaines quand elles ne sont pas malades mais dès qu’elles sont enceintes, tout au long de la grossesse, les contrôler par échocardiographie pour voir comment  se comporte le myocarde des femmes africaines pendant la grossesse. Donc le professeur Anzouan a été choisi pour faire l’étude de façon pratique mais ils m’ont demandé d’encadrer cette étude parce qu’il ne fallait pas que je m’éloigne trop. Ce qui est sûr, j’ai passé la main. Mais je pense que c’est un honneur qu’ils me font. Après cela, l’année dernière au mois de septembre, j’avais été invité par le parti conservateur Britannique à leur convention à Manchester.  Et au cours de cette convention, j’avais pris des contacts. Je suis retourné en Angleterre où j’ai passé 4 jours et j’ai rencontré le parti conservateur,  sa direction des élections. J’ai rencontré également les députés du parti conservateur au parlement Britannique. Très bientôt au mois de mars, une délégation de députés Britanniques et des membres du parti conservateur viendra en Côte d’Ivoire parce que nous avons des relations d’amitié et de fraternité. Et également étendre l’aura du Pdci par notre adhésion dans d’autres structures internationales. J’ai mené ces démarches. En France, j’ai rencontré plusieurs personnalités : Des anciens ministres et surtout rencontré le cabinet du président de l’Assemblée nationale pour dépeindre un peu la situation de dysfonctionnement de l’Assemblée  nationale et le mardi 18 février, le président du Senat arrive en Côte d’Ivoire. Il va rencontrer le groupe parlementaire Pdci-Rda pour qu’on continue les pourparlers que j’ai commencés en allant à l’Assemblée nationale. Là aussi, tout s’est bien passé. J’ai rencontré aussi nos militants, les délégués généraux de Paris avant mon retour. Mon séjour a été très fructueux et les comptes rendus à temps réel ont été faits au président Henri Konan Bédié qui a donné des orientations. C’était un séjour très fructueux. Je suis très heureux parce que  j’ai été reçu par plusieurs personnalités. Il y a certains dont je peux dire les noms et d’autres non. Donc ça a été un voyage très fructueux  sur le plan professionnel et politique.

 En votre absence, l’actualité politique a beaucoup bougé, le président Ouattara, lors de son voyage dans le Royaume Baoulé à Sakassou,  a souhaité se réconcilier avec le président Bédié. Quel commentaire faites-vous ?

Le Pdci-Rda est un parti de dialogue. Nous pensons que c’est une annonce médiatique qui n’a pas encore été suivie d’une procédure formelle de demande de rencontre. C’est une annonce qui reste, pour l’instant, dans le domaine de la propagande. Parce que nous sommes surpris également que le 1er février, cette annonce est faite et le lendemain on traite au parc des sports le président Henri Konan Bédié de centenaire. Il y a contraction.

 Les chefs Baoulé traditionnels Baoulé ont souhaité rencontrer le président Bédié. Ils disent attendre l’accord du président Bédié ?

Le président Bédié est un président de parti politique. Le président Bédié est le garant spirituel du peuple Baoulé. C’est aux obsèques de l’ancien Roi que ce titre lui a été donné. Il est en contact permanent avec sa population. Mais je veux dire que c’est le même Rhdp qui, quand le président Bédié a reçu les Baoulé  à Yamoussoukro, l’a traité  de tribal. Quand il s’agit du président Bédié, on dit qu’il est tribal mais aujourd’hui ce sont  les Baoulé  qu’on envoie pour parler. Il faut qu’on sache ce qu’on veut. Il ne faut pas vouloir une chose et son contraire.

En votre absence, des rumeurs ont couru pour dire que vous êtes en disgrâce avec Mme Bédié ?

Mais pour quelle raison ? Le journal qui l’a écrit, vous savez que ce sont vos anciens collaborateurs, des mercenaires qui ont été payés par le Rhdp pour mettre la zizanie au Pdci-Rda.

 On parle de 30 millions de francs Cfa que vous n’avez pas versés ?

Je ne suis pas financier du parti. Vous pensez que j’ai des problèmes avec les finances et le Rhdp me laisse sans me coller des procès. Je suis l’homme à abattre. Je ne gère pas les moyens. Notre financier, c’est Thierry Tano. Moi je fais de la politique. Et le président Bédié, au départ, quand j’ai été nommé, il a été visionnaire. Il a dit toi, tu vas t’occuper de la politique. Et les financiers s’occupent des finances. Donc moi, je ne m’occupe pas des finances du parti. Même les subventions qu’on fait au Pdci, je suis informé mais je ne les vois pas. C’est le rôle des financiers. Donc si quelqu’un veut aller sur le plan de la gestion, il a joué bidé.

 Lors de votre séjour en France, est-ce que vous avez rencontré le ministre Adama Bictogo du Rhdp, puisque des rumeurs ont couru également à ce sujet?

Quand j’allais en France, j’étais sur le même vol que le ministre Bictogo, il était dans l’avion. Ce n’est pas moi qui paye son billet, ce n’est pas moi qui décide quand il voyage, Air France n’est pas à moi. On s’est retrouvé sur Air France, on a voyagé et quand on est descendu de l’avion, on était au tapis pour prendre nos bagages parce qu’on sortait à Paris. J’ai passé 3 jours à Paris et après je me suis rendu à Nice pour voir ma famille. Je n’ai jamais rencontré Bictogo en France. Ça, c’est encore de la propagande.

 Le deuxième round du dialogue politique se déroule. Où en est le Pdci avec ce dialogue politique ?

Nous avons eu une réunion ce matin (hier matin) avec le président de la Cdrp, de la présidence de l’Urd sur ce dossier. Le rapport nous est arrivé, nous l’avons analysé, demain (aujourd’hui), nous allons renvoyer nos observations au gouvernement. Mais ce que je peux dire, c’est que sur 20 points discutés, il y a un seul point d’accord, il y a 3 points de possibilité de convergence et puis si vous faites la différence, il y a 16 points de désaccord. Le désaccord le plus important, c’est que le gouvernement veut une Cei qui propose au gouvernement qui décide or nous, nous voulons une Cei qui décide. C’est le point de désaccord fondamental. Nous, nous voulons une Cei véritablement indépendante qui décide elle-même.

 Vous parlez de Cei ou de code électoral, puisque c’est le code électoral qui est discuté en ce moment?

Suivez très bien. Dans le code électoral, il y a la définition des attributions de la Cei. C’est important. Donc, quel type de Cei on veut ? Nous, on ne veut pas qu’on dise que la Cei fait des propositions au gouvernement, nous on veut un code électoral dans lequel, on dit que la Cei décide. C’est ce point et nous sommes en désaccord parfait sur ce point avec le Gouvernement et nous ne transigeons pas. Nous ne sommes plus pour une Cei de proposition, on veut une Cei de décision. C’est pour ça, je vous ai toujours dit qu’on va revenir sur la Cei, parce que si tu changes les attributions dans le code électoral, tu es obligé d’attaquer la loi. Et comme eux ne veulent pas revenir sur la Cei, ils ne veulent pas changer les attributions dans le code électoral.

 Quelle suite donnez-vous à cette affaire ?

Nous sommes dans la discussion. Ils nous ont écrit, nous avons répondu, on est dans un dialogue. Quand vous allez dans une rencontre de dialogue, vous donnez et vous recevez. C’est pourquoi, je dis qu’il y a eu un point d’accord. Le Gouvernement voulait quelque chose. Il y a 3 choses à savoir : le parrainage, sur le cautionnement, on peut se rapprocher, maintenant sur le rôle de la Cei, alors là, nous, on est intransigeants.

 Sur la question du code électoral, le Gouvernement a décidé de signer le document à partir du 10 février. Et vous, vous parlez de dialogue… ?

On a reçu le rapport lundi à 22 heures, on l’a analysé et on le ramène aujourd’hui même au Gouvernement. Donc, c’est quand le Gouvernement va lire nos propositions qu’on va voir la suite qu’on donne aux choses. C’est un rapport de réunion, on doit être d’accord sur le rapport avant de le signer. Si on n’est pas d’accord que le Gouvernement signe un accord qu’on ne veut pas, on avisera. Il faut qu’on dise les choses telles qu’elles se sont passées. Ils ont eu la gentillesse de nous envoyer le rapport écrit, après nous l’avoir promis, il y a une semaine.

L’Union Africaine, lors de son 33ème Sommet, a décidé que les pays africains ne modifient pas leur Constitution… Allez-vous appuyer l’UA?

C’est logique, c’est ce que nous avons toujours dit. Ce n’est pas nous qui appuyons, c’est elle qui nous appuie. Le président Bédié, le 12 janvier, a fait une déclaration, lors de la présentation des vœux en disant qu’on ne modifie pas une Constitution en année électorale. C’est donc lui que l’UA appuie. C’est dire que l’UA est dans le même tempo que l’opposition.

 La question de la Cei est programmée à Arusha en Tanzanie pour un procès le 5 mars, quel commentaire ?

On avait dit que le dossier n’avait pas été vidé. C’est maintenant que le jugement va se faire dans le fond. Donc, le Gouvernement a commis des avocats, nous aussi, nous avons commis des avocats, nous irons au procès, nous sommes confiants.

 Vous revenez de la France. Où en est le Pdci avec la question de son logo utilisé par le Rhdp ?

Le dossier est très bien avancé. Ça va passer au tribunal, je ne dirai pas le jour pour ne pas que… Mais la bonne nouvelle que je peux vous dire, c’est que le logo du Pdci a été enregistré sur le territoire français. C’est une propriété intellectuelle. La France a enregistré notre logo. Donc, personne ne peut désormais  faire d’activité  en France avec notre logo et on a fait les mêmes procédures aux Etats-Unis et en Angleterre.

 Avez-vous un message à l’endroit des militants du Pdci-Rda ?

Je voulais dire que le Pdci est un parti de dialogue. Je voulais rassurer les militants parce qu’ils nous appellent, ils sont inquiets. Je voulais leur dire que le Rhdp, groupement politique, est mort. Nous l’avons enterré le 18 octobre 2018, on a fait la levée de lit le 18 octobre 2019. Donc, on n’en parle plus. Ceux qui disent que Bédié va aller encore au Rhdp, c’est de la propagande. Donc, les militants doivent rester tranquilles. Je voulais leur passer ce message.

Deuxièmement, le président Ouattara veut rencontrer le président Bédié. Nous n’avons pas encore une procédure formelle de rencontre. Il faut que les militants le sachent, qu’ils restent tranquilles. Il ne faut pas qu’ils soient distraits par la propagande pour oublier l’essentiel qui est l’établissement de leur carte nationale d’identité pour être sur la liste électorale. Le président Bédié, tout en menant le combat pour la gratuité et la prorogation, a demandé aux militants de s’engager dans l’opération d’établissement des cartes d’identité. Ça a un peu désarçonné les militants, non. Je profite de l’occasion pour leur dire que pour avoir la carte d’identité, il faut avoir le jugement supplétif, il faut avoir le certificat de nationalité. Ça au moins, il faut le faire, pour que si demain, la carte d’identité est gratuite, ceux qui les auront fassent la carte d’identité. Vous n’allez pas, au sortir de votre maison, avoir la carte d’identité comme ça. Faites les papiers pendant qu’on lutte, c’est ce que veut dire le président Bédié.  Les députés ont voté une loi spéciale, actuellement, les sous-préfets sont en train d’appliquer cette loi qui a eu son décret d’application. Donc, sur le terrain, que nos cadres, nos élus, nos délégués s’impliquent, s’organisent, encadrent les militants pour qu’ils aient leurs pièces. Enfin, il faut que les femmes et les jeunes prennent au sérieux la mission qui est programmée du 13 février au 1er mars. Il y aura des délégations de jeunes et de femmes qui vont essaimer toute la Côte d’Ivoire pour faire de la mobilisation, sensibiliser sur les pièces à faire, comment s’organiser. Egalement, il y aura des inspecteurs qui vont aller voir la réalité du terrain parce que si on nous dit qu’on a 10 secrétaires Pdci, il faut que les 10 secrétaires existent. On ne veut pas du fictif et c’est à partir de cette mission que nous allons bâtir le reste de notre campagne. Que les militants sortent nombreux, ce sont des réunions techniques et non des meetings ; Les meetings n’apportent pas grand-chose, qu’ils posent toutes les questions, leurs attentes, ce sont des échanges qui auront lieu. On a mis un an pour restructurer le parti, maintenant, on va en mission pour voir la réalité du parti sur le terrain. Selon les échos que nous avons, la mission sera très bonne parce que la base est contente. Que les militants se concentrent sur l’essentiel, faire leurs papiers et pour ceux qui les ont, les rassembler. On nous a dit qu’il y avait un projet pilote, le Gouvernement n’a même pas communiqué pour nous dire que ce projet s’est arrêté et voici le résultat. On est dans le flou. Deuxièmement, on nous parle d’inscription sur internet, mais dans les villages, les gens n’ont pas d’ordinateur et l’internet. Il y a des choses qui ne marchent pas. Il y a beaucoup d’analphabètes. Nous avons eu des informations relatives à des recensements frauduleux, nous sommes un parti politique, donc, on avance. Nous sommes en train de regarder tout ça parce que nous ne voulons pas être dans l’émotion, on veut être dans le concret. Donc, nous sommes en train d’étudier tout cela et le moment venu, le Pdci va prendre sa décision. Les gens s’interrogent sur les réseaux sociaux : que fait le Pdci. Le Pdci, c’est un parti responsable qui est en train d’avancer, qui sait où il va, donc qu’ils fassent confiance au président Bédié, qu’ils nous fassent confiance.

Propos recueillis et retranscrits par Gilles Richard OMAEL, MR, DS et DKM

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