Conférence de presse-Les réponses directes du S.E en chef, Kakou Guikahué, aux questions directes: «A Yamoussoukro, le 19 octobre, nous allons donner le coup de massue aux détracteurs du Pdci-Rda»

Après les Propos liminaires de la conférence qu’a animée le chef du Secrétariat exécutif, Pr Maurice Kakou Guikahué, l’homme de confiant du président Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) s’est prêté aux questions des journalistes sans faux-fuyant. Africanewsquick.net vous propos les questions-réponses des échanges qui ont eu lieu à l’auditorium du siège du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, ce jeudi 10 octobre 2019.

Monsieur le secrétaire exécutif en chef, il est fait état de ce que le président du Pdci-Rda serait déjà candidat avant même la Convention qui doit désigner le candidat du Pdci à l’élection présidentielle de 2020. Confirmez-vous cette information ?
Dans mon propos liminaire, à aucun moment je n’ai parlé de candidature. Je vous ai dit, nous organisons le meeting du 19 octobre pour rabattre le caquet aux propagandistes et nous consacrer à la préparation de notre convention de désignation du candidat du Pdci pour 2020. Et je l’ai dit clairement. Et pour le moment, aucun candidat n’a été choisi au Pdci-Rda. Pourquoi le nom d’Henri Konan Bédié revient souvent dans nos manifestations ? Si l’on se souvient bien, l’année dernière à cette même période, nous étions en train de lutter contre les forces du mal qui voulaient faire dissoudre le Pdci-Rda. Et il y a trois éléments qui nous ont permis de résister : Le premier élément c’est l’expérience et la vision du président du parti, Henri Konan Bédié. Le président Henri Konan Bédié qui, en quatre mois, a fait des bureaux politiques. Le 17 juin, le 24 septembre et le 8 octobre. Il a parrainé le choix des candidats aux élections municipales et régionales. Il a conduit les élections municipales et régionales et à la fin il a clôturé tout cela par un congrès extraordinaire du Pdci-Rda. Nous avons organisé le congrès trois jours avant la tenue du scrutin. Donc ce président, nous devons le magnifier car c’est le président du parti. Cela voudrait dire que le choix fait par le père fondateur et son élection à la tête du Pdci-Rda après le départ du président Félix Houphouët-Boigny était justifié. Et c’est pour tout ce travail qu’il a abattu en 2018 que nous organisons un grand meeting au cours duquel nous allons rendre hommage au président Houphouët-Boigny et faire le lien avec son successeur qui est le président Henri Konan Bédié qui est l’héritier politique authentique du président Houphouët Boigny. Depuis un certain temps, il y a des personnes qui se promènent en Côte d’Ivoire pour chercher l’héritier politique de Félix Houphouët-Boigny alors qu’il est là. C’est l’héritier authentique. Moi qui vous le dis, j’ai été le dernier médecin du président Félix Houphouët-Boigny donc je sais ce que je dis et je pèse mes mots. C’est pourquoi je dis que le président Henri Konan Bédié est l’héritier authentique de Félix Houphouët-Boigny et non une parenthèse. Et pour l’instant, il n’y a même pas de rumeur de candidature d’Henri Konan Bédié. Il y a plutôt des rumeurs d’organisation d’un meeting à Yamoussoukro et que je viens de confirmer. Un meeting que nous allons réussir. Un meeting pour présenter au monde entier, le Pdci-Rda rajeuni, redynamisé, remobilisé, revigoré et conquérant pour aller prendre 2020. Au moment venu, quand on parlera de candidature, les journalistes seront aux premières loges. Mais pour l’instant, oubliez les questions de candidature car le président Bédié n’a jamais parlé de candidature et nous ne partons pas parler de candidature. Nous partons parler de notre parti pour dire que les gens qui soutiennent qu’ils ont pris tout le monde au Pdci verront le peuple du Pdci sortir, ce jour-là, pour démontrer qu’ils n’ont pas pris le Pdci, tous les militants comme ils le prétendent.

D’après les arguments soutenus par les avocats de M. Jacques Mangoua, le procès de leur client est politique. Si ce procès s’avère politique, est-ce que le Pdci a les moyens d’apporter des solutions politiques à cette situation ?
Nous sommes un parti politique légalement constitué et souverain et indépendant de décider des modes de luttes que nous allons appliquer. Mais ce qui est sûr, nous sommes un parti politique et nous sommes dans la lutte. Il y a plusieurs façons de gagner un combat. Donc nous allons explorer toutes les voies. Mais ce qui est sûr, Jacques Mangoua va bien. Il a été transféré de Bouaké à Abidjan, c’est juste et nous sommes en contact avec lui.

Pendant que vous battez le rappel de vos troupes à Yamoussoukro le 19 octobre prochain, des épineuses questions telles que la réforme de la Cei persistent. Quelle est votre réaction après la désignation du président de cette Institution en charge des élections ? Le président du Rhdp a soutenu récemment que pendant que l’opposition bavarde, eux, ils avancent. Est-ce que le Pdci-Rda a abandonné cette question ?
Le président du Rhdp dit que nous bavardons et eux ils avancent. C’est une course de fond et c’est à la fin que nous allons voir ce qui s’est passé. C’est trop tôt de crier victoire sur la question de la Cei. Je demande aux journalistes de venir au meeting de Yamoussoukro et vous allez entendre l’évolution sur la Cei. Car il y a ce qu’on ne vous dit pas et il y a ce qu’on vous dit. Donc venez écouter le 19 octobre pour savoir où nous en sommes actuellement sur le combat de la Cei. Donc tous ceux qui veulent savoir où nous en sommes avec le combat sur la Cei, venez à Yamoussoukro car nous avons gardé pour le meeting du 19 octobre.

Vous avez indiqué que ce meeting est organisé pour rabattre le caquet à tous ceux qui annoncent la mort du Pdci-Rda. Ce qui voudrait dire qu’il y a un défi de mobilisation à relever. Quels sont les échos que vous avez du terrain et quelles sont les dispositions pratiques prises pour relever ce défi. ?
Si c’est en termes de mobilisation, nous n’avons aucun problème. Dans quelques jours, il y aura une conférence de presse réservée aux aspects techniques du meeting du 19 octobre. Ce qu’il faut savoir, c’est que la mobilisation est au top. Nous avons fait le point de tous les cars qui existent en Côte d’Ivoire. Si on veut prendre tous ces cars pour nos militants, nous serons en déficit de cars actuellement, donc la mobilisation est au top et les militants vont se déplacer. Il y a des gens qui viendront à moto, à pied, en voiture. C’est un pèlerinage sur Yamoussoukro. Nous irons montrer que le Pdci existe. Ceux qui avaient dit qu’ils ont pris 70% du Pdci, ils disent que c’est la crème et la mousse qui est partie. Et ils commencent à se rendre compte qu’ils ont parlé trop tôt. Et nous allons leur donner le coup de massue pour ne plus qu’ils parlent de cela.

Monsieur le secrétaire exécutif, vous insistez pour dire que le président Bédié était l’héritier authentique du président Houphouët-Boigny. Récemment, deux anciens vice-présidents du Pdci notamment Jeannot Ahoussou Kouadio et Kobenan Adjoumani soutiennent que le véritable héritier d’Houphouët-Boigny est le président Alassane Ouattara. Est-ce que vous n’avez pas le sentiment d’instaurer, dans l’esprit de la jeune génération, un flou sur l’héritage d’Houphouët-Boigny ?
Ce sont ces mêmes personnes qui se promenaient, il y a un an, pour dire que c’est Bédié qui est l’héritier d’Houphouët-Boigny. Il s’agit d’Ahoussou Jeannot et d’Adjoumani Kobenan qui était notre ancien haut-parleur qui est tombé en panne et que le Rdr a pris pour faire sa sono. Donc que ce soit Ahoussou Jeannot ou Adjoumani, ce sont eux qui se promenaient partout et les Ivoiriens sont tous témoins pour vanter le président Bédié et dire que c’est lui qui est l’héritier du président Houphouët-Boigny. Qu’est-ce qui s’est passé et aujourd’hui ils se dédisent et brusquement, ils ont trouvé un héritier ailleurs ? Il y a un problème. Donc ce n’est pas ce qu’ils disent. Quand ils parlent aux Ivoiriens, les Ivoiriens ne parlent pas mais cela ne voudrait pas dire qu’ils consentent à cela. Il faut savoir qu’il n’y a pas de discussion sur l’héritage. Je reprends pour dire que j’ai été le dernier médecin d’Houphouët-Boigny et je confirme qu’Henri Konan Bédié est l’héritier politique authentique d’Houphouët-Boigny. Et les gens qui sont au Rdr aujourd’hui le soutenaient hier. Ils disaient qu’Henri Konan Bédié est le légataire du testament politique d’Houphouët-Boigny. Amadou Soumahoro le disait avant. Et ces propos sont là dans les archives. Donc qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Lors de l’Appel de Daoukro, nous avons entendu des propos dithyrambiques. Qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui et ils veulent se renier ? Ce que nous avons dit hier, même si vous n’êtes pas d’accord avec cette personne, il faut le lui reconnaître. Même si on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaitre qu’il court vite. Ce sont des questions qu’il ne faut pas aborder car nous, nous avançons. Houphouët-Boigny disait que c’est une course de fond. C’est à l’arrivée qu’on voit et ce n’est ni au départ et encore moins au milieu. Donc nous faisons notre bonhomme de chemin et nous avançons. Et des gens disent qu’au Pdci-Rda, Bédié est resté, Guikahué, Djédjé Mady et Bendjo sont restés. A part ceux-là, ils disent avoir pris tout le monde. Mais quand tu fais l’analyse politique de la phrase, on aboutit à cette conclusion. Qui est Bédié ? Le président du parti, il est là. Qui est Guikahué ? C’est le secrétaire exécutif du Pdci, il est là. Qui est Alphonse Djédjé Mady ? Ancien secrétaire général du Pdci, il est là. Qui est Bendjo ? Le patron de la Mobilisation, il est là. Et puis ils disent qu’ils ont pris quelqu’un.
(…) Curieusement, la caractéristique principale des vice-présidents qui sont partis sont ceux qui travaillent pour Ouattara et que Ouattara paie à la fin du mois. Et tous les vice-présidents qui sont restés sont ceux qui n’ont aucune relation de travail avec Ouattara. Ça veut dire que ceux qui sont indépendants sont au Pdci et ceux qui ont perdu leur indépendance sont ceux qui sont partis du Pdci. Donc le Pdci est là. En 1950, il y a eu le désapparentement, la situation était difficile. Il s’est trouvé des cadres qui n’ont pas suivi, ils sont partis. Ils n’ont pas accepté qu’Houphouët-Boigny leur dise de faire le désapparentement, ils sont partis. Houphouët est resté. La masse est restée avec lui. Et 10 ans après, on a eu l’indépendance. Des gens sont partis mais le parti est resté. Il reste 10 mois pour aller aux élections, le Pdci va reprendre le pouvoir. Ça, il n’y a pas de doute là-dessus. Tous les actes sont en train de s’aligner pour que le Pdci revienne au pouvoir. Quand vous voyez qu’on fait des complots, il va s’en dire qu’on va déposer aussi des choses partout. (…)

Le cas Mangoua, exclusion des cadres non Rhdp de l’administration publique…
Le président Bédié, la dernière fois, avait dénoncé et demandé que tous ceux qui n’ont pas droit de porter des armes puissent être désarmés. Il y a eu une situation grave à Béoumi. Et il y a également un problème grave qui arrive à Béoumi. C’est l’occasion pour la justice d’ouvrir une information judiciaire et mener une enquête approfondie pour savoir d’où viennent ces armes et faire le démantèlement. Mais on ne transforme pas cela en flagrant délit. Ils ont évoqué le flagrant délit justement pour ne pas mener d’enquête. Parce qu’en cas de flagrant délit, on ne confie pas le dossier à un juge d’instruction. Le procureur fait tout et on te fait condamner. Or avec un juge d’instruction, on fait des enquêtes. Certainement ce qui allait en ressortir n’était pas bon pour eux. Donc s’ils estiment que Mangoua a fait une erreur, nous leur demandons d’ouvrir une enquête. Vous avez trouvé des armes au domicile d’une personne, c’est l’occasion d’enquêter de sorte à savoir dans toutes les maisons de Béoumi, s’il n’y a pas d’armes. Tout ça, pour ne pas connaitre la vérité et ce, bien que les populations ont indiqué qu’elles ont des soupçons sur quelqu’un qui aurait déposé ces armes. La moindre des choses, c’était d’aller interroger cette personne. (…) ça ressemble à un complot politique. Nous tous, certainement qu’ils vont fabriquer des choses contre nous. Mais tout cela ne prospère pas. (…) On a déjà vu ça. Nous sommes tous des cibles potentielles d’arrestation mais ça ne va pas nous faire reculer. Parce que le Pdci-Rda, c’est un esprit, ce n’est pas des individus. Donc arrêtez d’essayer de faire peur. On leur demande de développer la Côte d’Ivoire, ils nous font du goudron effervescent. Au niveau de l’indice de développement humain, nous occupons la 170e place. Le Burkina Faso est devant nous. Quand nous on quittait le pouvoir, on était à 73 ans d’espérance de vie. Aujourd’hui, nous sommes à 63 ans. On a perdu 10 ans. Le Ghana a 65 ans. Quand j’étais ministre de la Santé, nous étions devant le Ghana. Mais le moment arrive, on va parler. Chaque parti a géré le pouvoir maintenant, donc on va parler. Créer des complots et tout ça, ce sont des mesquineries. Ils ont tout l’argent de l’Etat. Le budget, aujourd’hui, est à 8.000 milliards Fcfa, ils ont tout. Aujourd’hui, ils ont pris tous les tabourets, ils ont tout, ils sont assis dessus. Les Ivoiriens les regardent. Donc on va mourir dans l’opposition parce qu’ils travaillent bien ? J’ai l’impression que le gouvernement s’est transformé en comité de campagne. Est-ce qu’avec cela, s’ils viennent vers nous, est-ce qu’on va les considérer comme ministres ? Parce que si tu n’es pas avec eux, tu ne peux pas travailler avec eux. Ça c’est la plus grande forme d’exclusion. Tu t’appelles Guikahué, tu es Pdci, tu ne dois pas travailler. Les responsables des fonctionnaires qui ne sont pas Rhdp, on les a enlevés. C’est à compétence égale qu’on cherche le militant. Mais aujourd’hui, c’est à militantisme égal qu’on cherche le compétent. Donc tous ceux qui sont hyper compétents et qui ne sont pas militants, on les met de côté. Mais l’émergence ne va jamais venir. (…) Tous ceux qui ne sont pas Rhdp sont exclus du travail. On parle d’emploi jeune pour lequel ils vont dans les quartiers et tout ça. Mais en dessus, ce sont les cartes de membres qu’on regarde. C’est la même chose pour le Fafci des femmes. Si tu n’es pas ce qu’ils veulent, tu n’auras pas de crédit. On est en plein dans l’exclusion.

Au cours d’une réunion ici au Pdci-Rda, il a été dit que le Pdci reconnaissait Gbagbo comme président du Fpi au détriment d’Affi N’ guessan, président légal. Est-ce que vous maintenez cette position ?
Bédié est parti saluer Gbagbo. Nous ne sommes pas procureur, nous ne sommes président du Conseil constitutionnel, nous ne sommes pas des juges pour voir qui est légal, qui est légitime. Ça c’est trop gros pour nous. Nous savons seulement que le président Bédié est allé saluer le président Gbagbo. Et Gbagbo et nous travaillons ensemble. Prenez ça comme ça.

Pour le meeting de Yamoussoukro, est-ce que vous avez reçu toutes les autorisations pour la tenue de cette manifestation ?
Merci. Nous avons obtenu toutes les autorisations. De la mairie, du gouvernement et tout ce que vous pouvez imaginer, on a déjà eu. Notre meeting ne pose pas problème.

Conclusion
(…) Nous avons dit également que le Pdci est un parti de paix, de dialogue et de tolérance. Le Pdci a une expérience politique. Le Pdci a décidé d’aller à la réconciliation. S’il n’y a pas de paix, il n’y a pas de développement. Et quand on est dans un village, la personne qui doit chercher la paix, c’est le chef. Il appartient au parti au pouvoir d’apaiser la situation pour faire le développement. Ce n’est pas la peine de faire des histoires inutiles. Tout ce qu’on fait par la force, ça ne prospère pas, c’est éphémère. Ça, c’est une loi de la nature. Dans un pays, la fierté des forces de défense et de sécurité, c’est de protéger le pays. Mais si c’est pour venir tuer les enfants qui viennent des champs, ce n’est pas fier. On ne peut pas payer les impôts, les armes et les retourner contre nous. Donc cette histoire de tirer sur les manifestations à balles réelles, il faut aussi que ça cesse. Ce n’est pas une bonne chose. Une armée est là pour défendre le territoire. Nous n’avons pas la force, donc on ne peut faire palabre avec quelqu’un. Si on compte faire la paix en s’armant, ce n’est pas évident. On ne doit pas prendre l’armée censée protéger tous les Ivoiriens contre nous. Cela veut dire qu’on divise les Ivoiriens. Il y a des Ivoiriens protégés et des Ivoiriens non protégés. Ici, il y a des gens qui peuvent dire ce qu’ils veulent, on ne leur dit rien. Voilà que quelqu’un est allé au vu et au su de tous verser du sang devant la résidence du président, on est allé porter plainte, le procureur a oublié la plainte. Voici un cas de flagrant délit. On n’a même pas besoin de prendre un avocat pour ça. (…) On lance un appel à nos militants d’effectuer nombreux le déplacement, qu’ils viennent en pèlerinage sur les terres du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny, pour montrer que le Pdci existe.
Propos retranscrits par Gilles Richard OMAEL et GGT

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