Festival de l’Akwasidae à Kumasi SEM. Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA : « Notre visite arrive à point nommé pour réaffirmer notre appartenance culturelle et sociale »

Majesté,

La visite qu’à votre fraternelle invitation j’ai l’honneur de faire en pays Ashanti, spécialement dans votre belle capitale de Kumasi, me procure une grande joie et un plaisir indicible.

A travers ces sentiments, j’exprime ma reconnaissance à sa Majesté pour l’hospitalité chaleureuse qui m’est offerte ainsi qu’à mon épouse et à la délégation qui m’accompagne.

L’accueil vibrant et populaire, l’enthousiasme qui le caractérise témoignent de la symbolique d’une rencontre longtemps attendue et chaque fois reportée mais enfin réalisée. Permettez donc, Majesté, qu’avec mes remerciements, j’exprime ma fierté et dise au peuple de Kumasi, ATOU…

Majesté, le souvenir de cette rencontre demeurera attaché à votre Auguste personne, au Monarque éclairé, au digne descendant d’une dynastie ancienne qui, à travers les siècles, continue de faire la fierté du peuple Akan dans ses différentes composantes, tant au Ghana qu’au-delà de ses frontières. Gardien de la tradition, vous n’en êtes pas moins un homme de votre temps, un homme d’Etat soucieux du destin de son peuple et respectueux de la République du Ghana, pays authentiquement frère du mien, la Côte d’Ivoire.

En ma qualité de Chef spirituel du peuple Baoulé, notre visite à Kumasi consacre les liens séculaires entre nos communautés Baoulé et Ashanti qui, en dépit des vicissitudes de l’histoire, ne forment, à la vérité, qu’un seul peuple.

Ces liens remontent, en effet, à plus de 400 ans quand différents groupes Akan dont les Baoulé, quittèrent cette terre de leurs aïeux pour s’installer plus à l’Ouest. Avec à notre tête, nos deux premières Reines légendaires, ABRAA POKOU et AKOUA BONI, nous avons fondé un nouveau Royaume. Depuis, en dépit du temps et des frontières, les liens à travers les échanges de toutes natures, les visites familiales et professionnelles ont perpétué nos rapports sans jamais les renier. Il me plait, Majesté, de relever et de saluer Votre action personnelle dans la consolidation de ces liens ancestraux. Vous n’avez eu de cesse, à la faveur d’événements heureux comme les cérémonies d’intronisation et les fêtes traditionnelles, ou malheureux comme les funérailles, de renouer avec nous. Vous avez ainsi dépêché une importante délégation aux obsèques du 13eme Roi des Baoulé en 2016. Je suis heureux d’avoir établi un contact personnel avec Votre Majesté et de rendre hommage à Votre souci constant d’unité pour réunir ce qui est épars du fait de l’histoire. Au demeurant, ce souci fut aussi celui de mon prédécesseur, le Président Félix Houphouët-Boigny qui fit une visité, à Kumasi et à Nsuta et de moi-même qui effectuai une visite officielle dans votre beau pays. Nous avons également eu le plaisir d’accueillir en Côte d’Ivoire plusieurs Chefs d’Etat ghanéens, notamment, les Présidents Kwame Nkrumah, Koffi Busia, Edward Akufo-Addo, Jerry Rawlings, John Kufuor et l’actuel Chef de l’Etat, Nana Akufo-Addo.

Mais les liens dont témoigne notre présence parmi vous sont surtout ceux qui unissent depuis des siècles, deux peuples à la même identité ethnique, sociale et culturelle. Nous sommes parents : ETI ANIAMAN, ETI KUN. E FIN BOUI KOUNGBA NOU…

Et nos rapports culturels sont profonds : la langue, l’histoire, les croyances, les rites, sont quasiment identiques en dépit des brassages et des métissages qui ont pu s’opérer du fait de notre installation à l’ouest du continent. De part et d’autre du fleuve Comoé, il s’agit de la même civilisation qui a façonné les mêmes hommes et les mêmes femmes. Cette communauté de culture fonde notre communauté d’origine et d’appartenance comme en témoigne cette belle fête d’AKWASIDAE du calendrier liturgique de neuf mois sacrés que nous avons en partage.

Enfin, Majesté, ce sont les liens propres au monde Akan qu’expriment notre rencontre, la vision du monde, les us et coutumes, les institutions sociales et politiques. Il nous appartient du fait de notre histoire commune, de notre importance démographique, de notre aire d’extension qui dépasse les frontières artificielles de la colonisation, d’organiser pratiquement tout ce que les sentiments communs de ce vaste ensemble offre de moyens d’action et de rayonnement. Et cela, bien sûr, en tenant compte de nos Etats respectifs. Notre visite arrive donc, à point nommé, pour réaffirmer notre appartenance culturelle et sociale pour bâtir l’avenir. Elle permet également de demander pardon au peuple ashanti pour le fait malheureux qui s’est passé, il y a 400 ans, quand l’un des nôtres de la famille DAKO a tué un roi.

Je demande solennellement pardon, au nom de tous les Baoulé. Je garderai un très précieux souvenir de ma visite qui nous a apporté tant d’émotions et de satisfactions.

Je porterai dans mon cœur la terre d’ABOKOSU-NSUTA qui m’a été généreusement offerte.

Je vous remercie

SEM. Henri Konan BEDIE

Président du PDCI-RDA

Ancien Président de la République de Côte d’Ivoire

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