Affrontements inter-ethniques à l’ouest: Le message de paix et de cohésion sociale du président Bédié transmis par le CSE Guikahué aux communautés Wê et Baoulé de Toulepleu

Affrontements inter-ethniques à l’ouest: Le message de paix et de cohésion sociale du président Bédié transmis par le CSE Guikahué aux communautés Wê et Baoulé de Toulepleu

Emissaire du président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, à l’ouest, le professeur Maurice Kakou Guikahué n’est pas passé par quatre chemin pour déplorer les affrontements inter-ethniques auxquels se livrent les communautés Wê et Baoulé, dans cette partie de la Côte d’Ivoire.
L’ancien ministre de la Santé, connu pour son langage direct et basic, a fustigé ce conflit communautaire qui, a-t-il fait entendre, ne devrait point exister entre des Ivoiriens. Il a craché des vérités crues aux deux communautés en crise en les invitant à intégrer la notion de la Nation. Toute chose qui devrait aider à transcender les clivages régionaux et ethnocentriques. « D’où que nous venions, la Côte d’Ivoire est un pays d’hospitalité (…). Un Baoulé qui vient ici, n’est pas un étranger tout comme un Bété, un Sénoufo, un Djimini ou un Djamala. Peut-être l’étranger, c’est celui qui vient du Mali, du Ghana, de Sierra-Léone. Comme notre vocabulaire n’est pas riche, même si quelqu’un n’est pas du village, on le traite d’étranger (…). Deuxièmement, notre constitution dit que tout Ivoirien est libre de s’implanter partout en Côte d’Ivoire », a martelé le député de Gagnoa sous-préfecture.
Adresses spécifiques aux Guérés et aux Baoulés
Pour soutenir ses propos, le professeur s’appuiera sur l’exemple d’Abidjan qui se développe avec la participation de tous les Ivoiriens de toutes origines. « C’est pourquoi Kah Zion (fils de l’ouest, Ndlr) édite son journal à Abidjan. Est-il Ebrié ? Non ! (…). Moi, je suis cardiologue au Chu de Treichville, est-ce que je suis Ebrié ? Non ! Mais, ils (les Ebriés, Ndlr) ne m’ont jamais dit : ‘’monsieur va faire ta cardiologie à Gagnoa’’. Donc, on est mélangé », a enseigné Maurice Kakou Guikahué aux populations de Touleupleu où il a salué l’exemple de cohabitation qui prévaut, contrairement à leurs voisins de Goin-Débé, dans la même région du Cavally.
L’émissaire du président Bédié s’est adressé spécifiquement aux autochtones Wê. Il leur a demandé de redoubler d’effort et de se mettre résolument au travail pour ne pas avoir à envier les populations qu’ils accueillent et qui se battent pour réussir. « Si celui qui ne vient pas d’ici devient quelque chose, je dois me dire que moi je suis en train de dépasser de l’or. Donc, au lieu de le chasser, il faut faire comme lui et puis tu vas devenir plus grand que lui. C’est ça le développement », a-t-il conseillé, prenant l’exemple des Etats-Unis, le pays le plus développé, qui accueille tous les travailleurs venant de partout et fait de l’émulation la règle de la cohabitation entre ces peuples.
En parlant aux Wê, le professeur Guikahué fait sienne cette sagesse africaine qui dit qu’’’en conseillant le chat, il faut aussi conseiller la souris’’. C’est pourquoi il invite la communauté Baoulé aussi à l’humilité et au respect de ceux qui leur ont accordé hospitalité à l’ouest. « Quand tu arrives chez quelqu’un et qu’il t’a aidé et que tu es bien, il faut le respecter. Parce que nous, à l’Ouest, on est beaucoup gentil, mais on n’aime pas qu’on nous marche sur le pied (…). Sinon, tout est ouvert. Tu peux te marier chez nous et même devenir chef, ce qui ne se voit pas ailleurs », souligne le natif de Gagnoa.
Mots d’apaisement
Le ministre Guikahué a adressé des mots d’apaisement aux jeunes Wê en les invitant au calme et en abandonnant les idées que certains se font quant à l’ingratitude des communautés venues d’ailleurs. Car, c’est Dieu qui leur a permis d’être dans la posture où ils sont pour aider les autres. « L’homme n’est rien, vanité des vanités, tout est vanité. Quand tu vis et que tu es dans une position, c’est Dieu qui te met dans cette position, pour aider les gens. (…). Il n’y a pas quelqu’un qui nait et qui n’aide pas quelqu’un, ça n’existe pas. (…). Donc, chers parents restez comme vous êtes. Que ces problèmes n’arrivent pas ici, on a trop souffert », a lancé le N°2 du Pdci, qui appelle à l’apaisement pour promouvoir le développement dans l’harmonie et la cohésion sociale. « Qu’on vive en harmonie avec les frères Ivoiriens qui sont venus d’ailleurs, avec les frères qui sont venus d’autres pays », insiste l’ancien ministre, soulignant la politique de l’ouverture dont le Pdci et son fondateur, Félix Houphouët-Boigny, a fait son label. Une option qui a permis à la Côte d’Ivoire d’accueillir sur son sol tous ceux qui ne sont pas Ivoiriens.
Faut-il le rappeler, de violents affrontements ont causé des pertes en vies humaines, des milliers de déplacés internes et d’énormes dégâts matériels dans la forêt classée de Goin-Débé et les forêts villageoises où des planteurs Baoulé et leurs hôtes Guéré se disputent des parcelles de plantations.
Gilles Richard OMAEL, à Ziombly (Toulepleu) avec linfodrome

 

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